Tanzanie nord

02.07.2019 / 22.07.2019


Après 3 semaines passées en France, nous reprenons un avion pour rentrer à Dar Es Salaam. Le vol passant par Nairobi nous permet de survoler le Kilimandjaro, le plus haut sommet d'Afrique (5895 m).

Survol du Kilimandjaro

Notre camping-car nous attend au FPCT Service Centre à Dar Es Salaam. Même si nous avons hâte de repartir sur les routes avec, une journée de repos s'impose après 12 heures d'attente à l'aéroport de Nairobi la nuit précédente. De plus, il nous manque un bagage égaré pendant le vol ; il devrait arriver prochainement.
La journée n'est pourtant pas de tout repos ; la pompe à eau ne fonctionne pas correctement et il faut l'après-midi à Jean pour la réparer. La pompe à eau, coincée sous les réservoirs d'eau n'est pas accessible facilement. Pour la nettoyer, Jean doit d'abord démonter les cloisons des caissons des réservoirs puis retirer ceux-ci. Après une nuit sans sommeil et sous une chaleur de plomb, il faut un sacré moral pour s'attaquer à la réparation. De mon côté, je me serais bien contentée d'une douche avec un tout petit filet d'eau et d'une bonne sieste mais c'était sans compter sur Jean qui veut que tout soit en état avant de reprendre la route.
En attendant que tout fonctionne dans le camping-car, on réserve une chambre au FPCT pour s'assurer de pouvoir prendre une bonne douche (et pourtant, là aussi, la douche a un sérieux problème) et bien se reposer en profitant de la climatisation.

Camping-car en sécurité au FPCT Service Centre - Dar Es Salaam

Le lendemain matin, on nous livre notre bagage manquant. Après avoir déjeuné en ville et fait quelques courses, nous pouvons enfin quitter Dar Es Salaam. Direction le nord du pays. Nous roulons jusqu'à la ville de Msata où nous nous arrêtons dans un petit complexe hôtel-restaurant où nous dînons et passons la nuit (avec accompagnement musical jusqu'à 23h !). L'endroit n'a pas d'intérêt pour nous et au réveil nous repartons vers Tanga, notre prochaine étape. Les routes depuis hier sont en très bon état. Sur la T2, il y a un peu plus de circulation que sur les portions de route Dar Es Salaam-Bagamoyo-Msata et Segera-Tanga mais dans l'ensemble, on roule très facilement. Il y a cependant toujours les limitations de vitesse et les contrôles radar. On est encore arrêtés 2 fois pour excès de vitesse. Heureusement que les policiers sont tolérants avec nous.

Plantations de sisal - région de Tanga

Il est encore tôt lorsque nous arrivons à Tanga. Il nous reste donc assez de temps pour rejoindre le Peponi Resort sur la plage de Kigombe à Pangani. Une bonne piste de 30 km sépare Tanga de Kigombe. La route traverse des plantations de sisal et des petits villages où la population souriante salue notre passage.

Peponi Beach Resort - Kigombe Tanga

Le Peponi Resort est un joli complexe ; nous y bénéficions d'un emplacement au bord de l'eau. Kigombe est un endroit propice au snorkeling (elle fait partie du parc maritime de Coelacanth et au large, entourant une petite île de sable, se trouve la réserve marine de Maziwe) mais la mer est actuellement trop brassée pour en profiter. Donc pas de palmes-masque-tuba mais heureusement, la baignade est très agréable dans une eau à plus de 30°C.
Le temps, comme la mer, est lui aussi un peu troublé ; il est souvent nuageux le matin avec 1 ou 2 averses. Par contre, la température est douce, aux environs de 30-32°C.

Petits curieux - Kigombe Tanga

Après 3 jours passés sur la plage de Kigombe, nous retournons à Tanga où nous passons la nuit dans un camping-lodge de la ville, le CBA, une simple étape dans un endroit agréable. 

Nous quittons le lendemain matin Tanga pour aller à Lushoto, dans les monts Usambara. Pour cela, nous refaisons le chemin inverse de Tanga jusqu'à Segera puis reprenons la route T2 jusqu'à Mombo. Bien que plus encombrée que les autres routes (nombreux bus), cette portion de T2 reste agréable et toujours en bon état. Il y a évidemment des limitations de vitesse mais pratiquement plus de contrôles. 

Monts Usambara - Lushoto

Arrivés à Mombo, nous montons jusqu'à Lushoto en passant par le village de Soni. La route, asphaltée jusqu'à Lushoto, nous emmène à plus de 1400 m d'altitude au milieu de forêts clairsemées et de petits villages. Arrivés à Lushoto, la route se transforme en piste, une bonne piste, pendant 4 km jusqu'au point de vue d'Irente. C'est là que nous nous arrêtons pour la nuit, sur le parking de l'Irente Cliff View Lodge. Dans l'après-midi, nous parcourons à pied les sentiers menant aux divers belvédères donnant sur la vallée et les barres rocheuses qui constituent le massif. 

Monts Usambara - Lushoto

Alors qu'il faisait entre 30 et 35°C en plaine, la température au bivouac, à 1400 m d'altitude, est de 21°C le jour et 16°C la nuit. Lorsque nous nous levons, les habitants du village, emmitouflés sous diverses couches de vêtements, attendent que les températures se réchauffent tandis que nous, nous profitons de la fraîcheur bienvenue.

De Lushoto à Kifaru

Sisal - de Lushoto à Kifaru

Nous redescendons ensuite des montagnes pour poursuivre notre route vers Moshi et Arusha. Avant de rejoindre Moshi, nous faisons un arrêt près du village de Kifaru, au bord de la rivière Ruvu. Enfin un bivouac sauvage en Tanzanie ! Cela fait du bien de se retrouver en pleine nature avec en prime la vue sur le sommet du Kilimandjaro en fin d'après-midi lorsque les nuages se dissipent. Seuls bruits durant cette nuit isolée, le gazouillement des oiseaux et le grognement des hippopotames.

Ruches suspendues au bord de la rivière Ruvu - Kifaru

Bivouac avec vue sur le Kilimandjaro - Kifaru

Le lendemain matin, la piste en terre menant à ce bivouac étant en bon état, nous décidons de l'explorer d'avantage et de nous rendre, en direction de la frontière kenyane, au lac Jipe à environ 25 km de là. Tant que nous sommes sur la piste, tout se passe bien mais lorsque nous décidons de rejoindre les bords du lac, la piste devient moins praticable et aboutit à un village cul-de-sac. En voiture, il ne semble pas possible d'aller plus loin et de rejoindre la rive. Enfin nous, nous ne voulons pas tenter l'expérience. Nous essayons donc de retourner sur la piste principale par un autre chemin. Celui-ci est étroit mais correct. Au moment où j'annonce à Jean qu'il ne nous reste plus que 200 m pour enfin rejoindre la piste, un petit pont écroulé nous empêche de continuer. Zut alors ! Petit demi-tour et un autre chemin encore plus étroit pour arriver à la route et ça passe. Ouf ! Et nous revoilà à notre point de départ pour une seconde nuit au bord de la rivière.

Piste menant au lac Jipe - Kifaru

Il ne nous reste qu'une cinquantaine de kilomètres à faire pour arriver à Moshi, ville située au pied du Kilimandjaro d'où partent les treks vers les sommets Kibo et Mawenzi. L'ascension du Kilimandjaro nous avait tentés un temps mais le prix nous a fait changer d'avis (4'800€ pour 2 personnes pour la randonnée de 8 jours avec l'hébergement en tente ; en lodge, c'est plus cher). Cependant, les prix ne dissuadent pas tout le monde puisqu'environ 50'000 personnes gravissent le Kilimandjaro chaque année. Donc pour nous pas de rando mais de courtes balades dans Moshi à vtt généreusement prêtés par le très sympathique propriétaire de la Mountain Bike Guest House où nous restons pendant 2 jours. Ça fait du bien de faire un peu d'exercice !

Visite de Moshi à vélo

Travaux de couture - Moshi

Moshi est une ville agréable. Ses rues, son marché débordent d'activité. Nous y croisons quelques randonneurs occidentaux même si la plupart des touristes sont plutôt basés à Arusha la ville la plus proche des parcs nationaux. Contrairement à Moshi, Arusha ne nous plaît pas beaucoup ; c'est une ville encombrée où l'on croise une multitude de 4x4 de safaris emmenant des touristes. Le seul avantage qu'il y ait des étrangers est que, comme à Moshi, il y a quelques supermarchés avec des produits dont on a besoin et que l'on ne trouve pas ailleurs dans le pays comme le beurre par exemple. Arusha est un passage obligé car nous voulons faire remplir nos bouteilles de gaz avant de quitter le pays et nous disposons d'une adresse pour le faire. A Tanga, nous avions trouvé une usine mais, malheureusement, les employés ne disposaient pas du raccord pour remplir nos bouteilles sud-africaines Cadac. Comme nous arrivons à Arusha un dimanche, nous devons passer une nuit sur place avant de nous rendre à l'usine de remplissage de gaz. Nous choisissons, comme de nombreux voyageurs, de nous arrêter au Massaï Camp, un endroit correct mais sans beaucoup de charme.

Marché - Région d'Arusha

Le lendemain, ayant fait remplir nos 2 bouteilles, nous partons vers le parc national Tarangire que nous voulons visiter le lendemain. En route, nous nous arrêtons sur un marché où les habitants des villages alentour, des Massaïs, viennent acheter ou vendre du grain, des objets usuels et du bétail. C'est l'occasion de rencontrer ce peuple emblématique de la Tanzanie dans une atmosphère authentique.

Eleveurs massaïs - Région d'Arusha

Marché aux bestiaux massaï - Région d'Arusha

Un peu plus tard, alors que nous sommes à l'entrée du parc national Tarangire, nous nous arrêtons dans un petit village massaï pour y passer la nuit. Nous nous adressons aux habitants pour leur demander la permission de rester mais, comme personne ne parle anglais et que nous ne parlons pas la langue du pays, le swahili, nous ne nous comprenons pas. Une femme nous fait visiter sa case pensant que nous lui demandons l'hospitalité. Elle est très déçue lorsqu'elle s'aperçoit que nous dormirons dans notre camping-car. Arrive ensuite un villageois qui connait 3 ou 4 mots d'anglais et qui insiste pour que nous nous garions à côté de sa case, ce que nous faisons. Il installe 3 petits tabourets et nous finissons l'après-midi assis ensemble tout en parlant sans se comprendre. A la nuit tombée, un habitant, Isaac, parlant anglais vient nous trouver et nous confirme que nous pouvons rester. Il nous demande une petite somme d'argent pour la personne qui nous a accueillis puis il nous emmène chez lui pour nous présenter sa femme Ana et visiter sa case. 

Bivouac dans un village massaï - Tarangire

Bivouac dans un village massaï - Tarangire

Le lendemain matin, nous avions prévu de partir très tôt pour être dans le parc Tarangire à l'ouverture, à 6h30 mais comme Isaac nous avait donné rendez-vous, nous avons dû attendre qu'il vienne nous trouver. Ana, sa femme ne voulait pas nous laisser partir sans offrir à chacun de nous un cadeau, des bijoux traditionnels massaïs, un bracelet pour Jean et un collier pour moi. Quelle gentillesse ! 

Gnous - Parc national Tarangire

Nous pénétrons dans le parc vers 7h30 et dès l'entrée, nous apercevons d'immenses troupeaux de gnous, de zèbres, de buffles puis des girafes, des éléphants, des cobes, des élans, des autruches, des impalas et même un petit dik-dik ainsi que des oiseaux, des secrétaires, des bucorves, etc... 

Girafes - Parc national Tarangire

Dans ce parc, la végétation peu dense se prête magnifiquement à l'observation des animaux. Nous n'explorons cependant que la partie nord du parc sur environ 80 km de pistes. Dans cette zone, les chemins de terre sont, dans l'ensemble, assez bons même si la piste principale qui longe la rivière Tarangire est un peu cassante. 

Eléphants et zèbres - Parc national Tarangire

Nous aurions le temps d'aller plus loin dans la traque mais nous avons négligé de prendre de l'essence et nous avons peur de ne plus en avoir assez pour rejoindre la station la plus proche à Makuyuni. Nous sommes cependant satisfaits de ce safari ; nous nous sommes régalés de la multitude d'animaux que nous avons vus tout au long de la journée. En plus, à mesure que le temps passe (nous sommes restés 8 heures dans le parc), le monde arrive ; il est temps de partir pour garder une belle image du parc sans l'affluence des touristes. 

Rongeurs et dik-dik - Parc national Tarangire

Eléphants - Parc national Tarangire

Cobes, zèbres et gnous - Parc national Tarangire

Zèbres - Parc national Tarangire

Après avoir quitté le parc, nous retournons au village pour dire au revoir aux gens que nous avions vus la veille car, ce matin, lorsque nous avons quitté le village, beaucoup étaient encore dans leur case et nous n'avons pu les remercier de leur hospitalité. Nous rejoignons ensuite le village de Makuyuni où nous étions déjà passés hier ; nous y faisons le plein de diesel en prévision de la longue route qui nous reste à parcourir pour rejoindre le Rwanda et nous dormons sur place, sur le parking d'une guest house, le Tanzanite 2.

Bivouac et récolte du sel au bord du lac de Singida 

Vaches Ankole à longues cornes

En bord de route, Nyakanazi - Kasulo

Route défoncée entre Nyakanazi et Kasulo

Bananiers cacao


900 km nous séparent maintenant de la frontière rwandaise. Nous faisons la route en 5 jours en suivant la T3, nous arrêtant quelquefois en pleine nature comme au bord du lac de Singida ou à côté d'un point d'eau à Nzega et d'autres fois dans un petit hôtel dans des villes en bord de route comme à Nyakanazi et à Kasulo. Le premier jour, la route est très belle. C'est une route de montagne oscillant entre 1600 et 1800 mètres d'altitude sans aucune circulation. Après Singida, les camions arrivant de Dar Es Salaam et se dirigeant vers la ville de Mwanza et les frontières rwandaise, ougandaise ou burundaise sont nombreux et c'est un peu plus pénible de rouler. Après Nyakanasi et jusqu'à la frontière, la route devient terrible, comme si elle avait été bombardée. Décidemment, la Tanzanie ne favorise pas le passage à ses frontières ; déjà au sud, vers Mtwara, la piste n'était déjà pas en bon état.







La Tanzanie

Un pays qui promettait beaucoup et qui finalement ne nous a pas émerveillés. Il nous a manqué des temps forts et le parfum d'aventure que nous avions connu ailleurs. Ce pays bien préparé au tourisme n'a pas convenu à notre manière de voyager et si nous avons eu plaisir à faire du farniente à Zanzibar ou à rencontrer la population très accueillante, rien n'a dépassé ou égalé ce que nous avions vécu avant.


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