Afrique du Sud

Garden Route,
 
Karoo et 

Kalahari

13.12.2018 / 20.01.2019


Depuis Cape Town, cela faisait quelques jours que nous longions la côte océanique sans avoir eu l'occasion de profiter pleinement des plages ni de nous baigner. A Mossel Bay, les conditions sont idéales pour faire du balnéaire; un beau soleil, une eau entre 18 et 20°C, une jolie plage aménagée, Santos Beach, ainsi qu'une piscine naturelle à The Point où les vagues s'engouffrent pour créer un courant et s'imaginer que l'on fait de l'hydrospeed.


Piscine naturelle - Mossel Bay

Mossel Bay est une station balnéaire populaire, un peu vieillotte mais très sympathique où il fait bon s'arrêter. Nous y faisons faire notre lessive et je vais me faire couper les cheveux dans un des innombrables salons; ce doit être une spécialité de la ville ! Au restaurant Kingfisher, à The Point, nous faisons un de nos meilleurs repas; curry et brochettes de fruits de mer. Un régal ! 
Dans la ville, les 2 campings sont idéalement placés en bord de mer mais nous préférons cependant bivouaquer en dehors; ici, sur la plage Santos, on se sent en toute sécurité. Depuis plusieurs jours, trouver des emplacements où dormir en dehors des campings n'est plus un problème. En plus, à Santos Beach, nous disposons de douches et de toilettes.

Bivouac panoramique - Herold's Bay

Plage d'Herold's Bay

A Mossel Bay débute la Garden Route, un itinéraire panoramique qui suit la route principale N2 pendant 350 km en direction de Port Elisabeth en traversant les états du Cap Occidental et du Cap Oriental. Cette route, entre océan Indien et montagnes Outeniqua et Tistsikamma permet de traverser une région superbe et protégée. Entre mer et montagnes, nous faisons le choix de la mer en quittant la N2 à plusieurs reprises pour rejoindre succéssivement les stations balnéaires de Herold's Bay, Sedgefield, Buffalo Bay, Knysna, Plettenberg Bay et Nature's Valley.  

Les vacances d'été sud-africaines venant de débuter, il y a un peu de monde sur les plages mais rien à voir avec les plages européennes. Nous sommes dans une autre dimension; les plages sont immenses et ceux qui en profitent, les Blancs à 99.99%, ne sont pas si nombreux dans le pays. Chaque endroit est différent. Herold's Bay est une station familiale avec comme seul magasin, une petite épicerie. Il n'y a aucun restaurant. Nous bivouaquons sur un promontoire rocheux au-dessus du village; un chemin de randonnée nous permettant de rejoindre celui-ci en quelques minutes. C'est un endroit idéal pour faire un peu de course à pied et se baigner. Comme à chaque fois, il y a des douches, des toilettes et des robinets d'eau pour remplir les réservoirs du camping-car mais ici, en plus, les parasols sont prêtés. 

Longue plage de sable blanc - Sedgefield

Coucher de soleil - Sedgefield

Après Herold's Bay, la Garden Route traverse le Wilderness national park, une zone de lagunes, d'estuaires, de forêts et de plages évidemment. Il est possible d'y randonner en forêt mais, loin de la mer, il fait très chaud et un ranger nous ayant avertis qu'il y avait beaucoup de moustiques, nous préférons renoncer aux balades dans le parc et nous rejoignons la lagune de Sedgefield pour nous baigner. Depuis 6 mois que nous sommes en Afrique, c'est incroyable mais, nous n'avons pratiquement jamais eu à nous plaindre des moustiques ou autres insectes qui gâchent la vie des voyageurs en zone tropicale. Le soir, il n'est pas nécessaire de s'enfermer dans le camping-car pour éviter de se faire piquer. Le Wilderness est un des seuls endroits où il a été question de moustiques. Jusqu'à présent, nous avons voyagé partout durant la saison sèche, cela explique sûrement pourquoi il y a si peu d'insectes.

Ambiance surfer à Buffalo Bay

Nous prenons ensuite la direction de Knysna. En route, on se baigne à Buffalo Bay où pour une fois, la plage est bondée puis on visite en roulant Belvidere et Brenton-on-Sea, 2 villages de bord de mer, le premier un peu British et plein de charme, le second moderne et luxueux. Knysna est une ville importante de 50.000 habitants nichée au fond d'une étroite baie. C'est à la fois un endroit touristique et industriel. Son centre-ville concentre les commerces tandis que le long de la baie se trouvent les restaurants et les maisons de vacances et leur marina. Depuis The Heads, 2 falaises de grès qui se font face et laissent entrer l'océan dans la baie, on a un très beau point-de-vue sur la lagune et la ville mais malheureusement aujourd'hui le temps est gris et la vue un peu terne. Nous passons la soirée et la nuit sur l'île de Thesen, un quartier flambant neuf construit sur l'eau qui, bien qu'il soit très sympa, n'attire pas grand-monde. Nous sommes assurés d'y passer un moment tranquille.

Thesen's Island, Knysna

The Heads - Baie de Knysna

Notre prochaine étape est maintenant Plettenberg Bay, une ville balnéaire chic et cool à la fois. Nous campons 2 jours au pied de maisons luxueuses à Beacon Beach et personne n'y trouve à redire; certains habitants venant même nous saluer et nous souhaiter un bon séjour. Nous profitons de la plage et de ses animations; tournoi de beach tennis, bars et restaurants de plage... Nous faisons également une belle randonnée côtière de plusieurs heures dans le Robberg nature reserve où nous apercevons de nombreux phoques et un manchot qui semble perdu seul sur un rocher. La balade est très belle. Ce qui est agréable, en plus des paysages, ce sont les odeurs mentholées et poivrées fournies par le fynbos, un maquis de plantes vertes et fleuries. Depuis plusieurs jours, cette odeur nous accompagne.

Robberg nature reserve - Plettenberg Bay

Phoques - Robberg nature reserve, Plettenberg Bay

A l'opposé de Plettenberg, Nature's Valley où nous passons les 3 jours suivants, est très nature. Une belle plage de sable fin sans aucune construction, une lagune pour ceux qui craignent de se baigner dans les vagues, des maisons nichées dans une épaisse forêt, une petite épicerie, un resto sans chichi et des chemins de randonnée dans un parc national, le Tsitsikamma. C'est le rêve ! Chaque matin, nous allons marcher ou courir puis nous passons le reste de la journée à la plage. Une fois encore, nous bivouaquons sur le parking de la plage. Comme nous sommes dans une réserve, nous ne sommes pas certains que cela soit autorisé mais, durant les 3 nuits que nous passons à cet endroit, personne ne nous demande de partir.
Nature's Valley est, de loin, notre village balnéaire préféré. On se verrait bien y revenir en hiver, lorsque, rentrés en France, on en aura marre de la grisaille.

Entre mer et lagune - Nature's Valley

Nature's Valley côté lagune

Nature's Valley côté mer

Farniente à Nature's Valley

Cool Nature's Valley

Randonnée - Nature's Valley - Tsitsikamma NP

Ces stations balnéaires sont toutes attirantes et agréables cependant, il y a quelque chose qui nous gêne... Ce sont des endroits pour les Blancs. Les maisons luxueuses, les loisirs du bord de mer, ce sont pour eux. Nous côtoyons quelques Noirs sur les plages populaires mais la plupart du temps, les Noirs ne sont pas des vacanciers mais plutôt du personnel au service des touristes : serveurs, vendeurs dans les magasins, agents de sécurité ou agents d'entretien. Voilà maintenant 24 ans que le premier président noir a été élu et le fossé entre Blancs et Noirs est toujours énorme. Le pouvoir de l'argent est toujours plus fort que la volonté politique et ce n'est pas près de changer.

Pour rejoindre Port Elisabeth, notre dernière étape sur la côte de l'Océan Indien, nous quittons la nationale 2 pour prendre, à travers la forêt tropicale, la route secondaire R102, une belle route panoramique un peu escarpée passant par le village de Coldstream. Cette voie est, en théorie, fermée à la circulation à cause d'éboulements mais, en pratique, ça passe très bien et ça mérite le détour. Nous passons l'après-midi sur une aire de pique-nique du Tsitsikamma national park.

Sardinia Bay

Nous arrivons à Sardinia Bay le soir de Noël. A 20 km de Port Elisabeth, une ville de plus d'1 millions d'habitants, nous sommes agréablement surpris de trouver une plage isolée et préservée. Une superbe dune sépare le petit parking où nous bivouaquons de la plage. Tôt le matin, c'est le rendez-vous des promeneurs de chien, la journée, celui des baigneurs et des surfers et le soir, celui des amateurs, comme nous, de couchers de soleil. Les soirs du 24 et 25 décembre, nous sommes nombreux, postés sur la dune un verre à la main, à attendre que le soleil se noie dans l'océan; sa disparition étant applaudie par les spectateurs les plus enthousiastes. C'est une façon sympathique de fêter Noël.

Sardinia Bay, dernière étape balnéaire sur l'Océan Indien

Coucher de soleil à Sardinia Bay le soir de Noël

Il y a tout juste un mois, en provenance de la Sunshine Coast, nous avions traversé Port Elisabeth et le parc national Addo Elephant situé au nord de la ville puis nous avions pris la direction de Cape Town par la route panoramique 62. Aujourd'hui, nous retraversons Port Elisabeth et Addo Elephant pour retourner à Cape Town. Pour ce retour, nous passerons, cette fois, plus au nord, par la région du Karoo.  

Addo Elephant national park

A Addo Elephant (incl. Wild Card), le temps est totalement différent de ce qu'il était lors de notre précédent passage. Il fait très très chaud, environ 35°C. Lorsqu'il fait très chaud, les animaux sont soit à l'ombre et il est alors difficile de les apercevoir soit aux points d'eau et, dans ce cas, ils y sont nombreux. Aujourd'hui, les antilopes, les félins, les rhinos, les zèbres et les buffles étaient à l'ombre mais les éléphants étaient bien là par centaines. C'était magnifique.

Cradock noir

Cradock blanc

Nous quittons le parc en début d'après-midi pour nous rendre dans un autre parc national, Mountain Zebra, que nous avons prévu de visiter le lendemain matin. Le Karoo qui signifie "terre de la soif" en langue khoisan, un dialecte sud-africain, porte bien son nom. Les terres sont sèches et rocailleuses; seuls les moutons semblent s'être adaptés. La route N10 qui mène à Mountain Zebra est désertique; nous ne traversons aucune ville avant Cradock où nous passons la nuit. Comme de nombreuses villes sud-africaines, Cradock est scindée en 2, le "township noir" hérité de l'apartheid alors que les communautés étaient séparées et la "ville blanche". A Cradock, le contraste est énorme. La "ville noire" est misérable et sale, la "ville blanche" est coquette et propre à tel point que cela nous met, une fois de plus, mal à l'aise.

Zèbres des montagnes - Zebra Mountain national park

Mountain Zebra national park (incl. Wild Card) est un parc montagneux avec de superbes points de vue. Depuis quelques jours, nous avons repris de l'altitude; nous montons aujourd'hui à 1600 m d'altitude. Alors que la journée s'annonçait très chaude et que, dans la matinée, le thermomètre affichait déjà 33°C, le temps peu à peu devient gris faisant chuter le thermomètre de 10°C et nous permettant de nous arrêter pour observer les animaux. Lorsqu'il fait trop chaud, comme hier à Addo Elephant, nous roulons avec l'air conditionné mais, une fois arrêtés, il faut couper la climatisation et la chaleur devient vite éprouvante. Aujourd'hui, c'est parfait. Sur une soixantaine de kilomètres de pistes et d'une portion de route asphaltée, nous apercevons de nombreux animaux comme les zèbres de montagne du Cap, des cobes, des gnous noirs que nous n'avions encore jamais vus, des autruches ainsi que des springboks et des oryx que nous avions perdus de vue depuis très longtemps.

Gnou noir - Zebra Mountain NP

Cobes - Zebra Mountain NP

Autruche - Zebra Mountain NP

Secrétaire - Zebra Mountain NP

Lion au repos - Zebra Mountain NP

Lion en chasse - Zebra Mountain NP

On a la chance de croiser des lions, lionnes et lionceaux se prélassant au bord de la route. Nous les apercevons partir en chasse et revenir une proie dans la gueule. Scène de vie (et de mort) en direct.

The Owl House - Nieu Bethesda

C’est à Neu Bethesda, un petit village perdu du Karoo que nous terminons la journée. On accède au village par une bonne route mais, quelques kilomètres avant d’arriver, celle-ci se transforme en piste ; sans doute pour conserver l’authenticité et la ruralité du village ou pour ne pas déranger les biquettes et les moutons qui gambadent dans les ruelles. L’endroit est habité par des paysans et quelques artistes marginaux. La célébrité locale étant Helen Martins,  qui a consacré sa vie à créer, dans sa maison, The Owl House, des œuvres très personnelles et brutes en travaillant le béton et le verre ; une maison transformée en musée et qui attire pas mal de touristes dans ce village du bout du monde. Si le village est devenu touristique, il n’a pas perdu son âme et les maisons traditionnelles ne se sont pas transformées en « maisons de poupées » proprettes comme à Montagu ou Prince Albert. Même les restaurants sont authentiquement « vintage» et la mamie qui cuisine et sert le ragout de mouton au restaurant Village Inn n’est pas là d’hier. Elle a dû arriver là dans les années 60-70 avec d’autres hippies.     

Graff-Reinet, ville au milieu de nulle-part

Desolation Valley

Après ce détour, nous reprenons la route pour Graff-Reinet. Avec ses belles maisons à pignon de style hollandais, c’est une des plus jolies villes que nous ayons traversées. Contrairement à Cradock, Blancs et  Noirs habitent les mêmes quartiers. Il y a 2 jours, nous nous étions indignés sur le fait que les conditions de vie des Sud-Africains dépendaient de leur couleur de peau et aujourd’hui, on s’aperçoit qu’ici, c’est différent. Il est dur de se faire une opinion définitive sur ce pays. Ce qu’on peut dire c’est que tout n’est pas noir ou blanc ; il y a des nuances.
En dehors de la ville, il n’y a rien ; c’est encore le désert. Dans le parc national Candeboo (incl. Wild Card) qui entoure Graff-Reinet, une zone, qui porte bien son nom, est appelée Desolation Valley. A Desolation Valley, une route asphaltée permet de rejoindre un point-de-vue donnant sur la ville et la vallée et de se rendre compte, à quel point, c’est désolant mais aussi grandiose. Il n’existe plus beaucoup d’endroits inhabités dans le monde aussi vastes.
    
Karoo national park

Oryx - Karoo national park

Toujours aussi « désolé » et vaste, nous visitons, le lendemain, le Karoo national parc (incl. Wild Card) situé à côté de la ville de Beaufort West. Cette fois, c’est nous qui sommes désolés. Le parc national de Karoo possède les mêmes caractéristiques que les autres parcs ; il est sec et caillouteux mais, contrairement aux autres, les trous d’eau sont vides et, à 40°C, les animaux se cachent à l’ombre. A part quelques autruches, zèbres, cobes, oryx et tortues, on ne voit pas grand-chose et la visite nous laisse sur notre faim. Seul satisfaction du jour : se baigner dans la piscine du camp pour faire oublier la chaleur torride.
Après cette visite, on n’a pas très envie de subir la chaleur durant le reste de la journée ; nous continuons donc notre route en direction de Cape Town. Avant qu’il ne fasse nuit, nous nous arrêtons à Matjiesfontein, un village de style victorien du XIXème siècle restauré. C’est un lieu privé constitué d’un complexe hôtelier de luxe dont les employés sont en costume d'époque. Nous pouvons le visiter mais n’avons pas l’autorisation d’y rester pour la nuit. Comme il est tard et que le long de la route il n’y a pas beaucoup d’endroit où s’arrêter, nous dormons à l’entrée du village.

    
31 décembre, feux d'artifice - Cape Town Waterfront

Le lendemain matin, nous retrouvons Cape Town et son parking du Waterfront. Nous sommes le 30 décembre et comptons passer le réveillon ici avant d’aller voir, le 2 janvier, le carnaval.
Il y a 1 mois, lorsque nous étions à Cape Town, il y avait un peu de monde dans le quartier du Waterfront et beaucoup de monde en ville. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le Waterfront est bondé et le centre-ville déserté par les employés partis en vacances. L’endroit où il faut être pour réveillonner est donc bien le Waterfront. Même « The World », le paquebot des milliardaires qui font le tour du monde a choisi de s’arrêter là pour cette occasion. Pour une soirée, on aurait bien échangé un de leurs appartements flottants de 300 m2 contre notre camping-car; non qu’on veuille goûter à ce genre de luxe mais pour voir leur surprise en découvrant qu’on peut aussi faire le tour du monde avec une habitation de seulement 8 m2.

    
Réveillon de fin d'année sur le Waterfront - Cape Town 
   
Ce 31 décembre, durant toute la soirée, des animations se succèdent dans le quartier du front de mer, chanteurs, danseurs... Les bars et restaurants sont évidemment bondés mais on parvient tout de même à s'assoir pour boire un verre avant d'aller réserver notre place pour assister au feu d'artifice qui débute à minuit dans la rade. L'ambiance est festive et le spectacle réussi mais nous sentons les gens sur la retenue. Aux 12 coups de minuit, pas de grandes démonstration de joie. Cela nous étonne ; nous nous attendions à plus de chaleur. 
    
Statue de Nelson Mandela saluant la foule - Cape Town

Nous passons une journée calme le 1er janvier au Waterfront. En fin d'après-midi, nous visitons le Diamond Museum, le musée du diamant. L'Afrique du Sud est un pays de mines, or, platine et bien sûr diamant. Comme nous n'irons pas dans la région de Kimberley où se trouvent les mines de diamants, nous profitons de ce musée pour en apprendre un peu plus sur le sujet. La visite guidée, qui se déroule chez le joaillier Shimansky, est assez intéressante même si elle ne remplace pas la visite d'une mine.
    
District 6 museum - Cape Town

Le 2 janvier, nous nous levons tôt. A l'office du tourisme où nous nous sommes renseignés, on nous a indiqué que le défilé du carnaval de Cape Town démarrait à 8h du matin. Des habitants de Cape Town que nous avons rencontrés la veille nous ont conseillés d'arriver à 6h pour être surs d'avoir une bonne place ; il parait que les gens dorment même dans la rue. Lorsque nous arrivons à Grand Parade, il y a un peu de monde installé mais rien de l'effervescence attendue. La raison est que le défilé ne débute pas à 8h mais à 14h30 ! Cela fait pas mal de temps à attendre...
Pour patienter, nous visitons le District Sixt Museum. Ce musée situé dans le 6ème district de Cape Town en plein centre-ville raconte comment, en 1966, la population de ce quartier multiculturel a été expulsée de chez elle et comment ses habitations ont été détruites pour que soit reconstruit un quartier neuf réservé à la population "européenne", c'est-à-dire blanche.
A l'aide de nombreuses photographies, de mobilier, d'objets personnels et grace au commentaire d'un ancien habitant, on découvre ce quartier avant sa destruction et les habitants des différentes communautés qui l'habitaient. Depuis 1948, suivant les règles en vigueur durant l'Apartheid, les Européens, les Natives (les Noirs), les Asiatiques et les Coloured (les mélangés...) ne pouvaient pas vivre ensemble. Dans chaque grande ville, des quartiers ont été vidés de leur population, celle-ci étant expédiée dans des townships en périphérie. Les initiateurs de l'Apartheid étaient vraiment tarrés; non contents d'interdire les bancs et certains lieux publics aux Non-Blancs, ils imposaient aux familles mixtes de ne pas vivre ensemble. Un Noir marié à une Indienne ne pouvait plus vivre avec sa femme. Il devait habiter dans le township réservé aux Noirs et sa femme à celui réservé aux Coloured. C'est fou comme le concept de pureté de la race peut être important chez certains. En 1948, la 2ème guerre mondiale était terminée et les atrocités commises contre les communautés juives et tsiganes connues et pourtant, la ségrégation en Afrique du Sud a pu commencer sans que cela ne soit vivement dénoncé par la communauté internationale; le pays ayant même été soutenu jusqu'au bout par certains pays européens comme le Royaume Unis. Ce musée permet d'aborder le sujet de la discrimination raciale non comme un concept mais comme un exemple concret des atrocités subies par les Noirs, les Asiatiques et les Coloured. Un tout petit exemple...
    
Longue attente du carnaval de Cape Town

Le Carnaval du Cap a lieu le 2 janvier. Pourquoi à cette date ? Parce que c'est un carnaval noir et que c'était le seul jour de congé accordé aux esclaves noirs. Ça aussi, ça donne à réfléchir... 

Carnaval de Cape Town

Le Carnaval est une grande parade avec 4 ou 5 groupes différents constitués de plusieurs centaines de participants. L'attente est plus longue que le défilé lui-même mais, des chanteurs et des danseurs sont présents pour nous faire patienter. L'ambiance est très chaleureuse et le public constitué principalement des habitants des townships est heureux et fier de nous voir, nous étrangers, partager leur fête.

Carnaval de Cape Town
   
Carnaval de Cape Town
   
Changement de pare-brise du cc - Vredenburg

Après 4 jours passés à Cape Town, nous quittons la ville et prenons la route en direction du nord. A Vredenburg, une petite ville proche de la côte ouest, nous faisons changer le pare-brise du véhicule qui s'est fêlé il y a quelques jours. Le matin, avant de quitter Cape Town, nous avions pris rendez-vous et on nous avait confirmé qu'un pare-brise neuf serait disponible à midi. A midi, le livreur qui arrive de Cape Town est bien là mais il a oublié de charger notre pare-brise et l'ancien est déjà enlevé du camping-car. Qu'à cela ne tienne, le chauffeur refait le chemin inverse et revient au bout de 3 heures seulement. Presque 300 km en 3 heures avec un arrêt en route pour déposer des marchandises montre à quel point les routes sont bonnes et la circulation fluide en Afrique du Sud. En plus, les routes sont gratuites.

Une fois la réparation terminée, nous allons passer quelques jours à Langebaan à proximité du Wilderness Coast national park. Langebaan est situé le long d'une lagune aux eaux turquoises. Assez ventée, c'est le paradis des kite surfers. Comme d'habitude en bord de mer, nous trouvons un emplacement sur un parking de plage avec douche et toilettes. Nous partageons les nuits entre cet emplacement et un autre plus sauvage à l'entrée du parc Wilderness Coast. De ce dernier endroit, on surplombe la lagune. 

Wilderness Coast national park - Langebaan

Nous passons une journée dans le Wilderness national park. Durant la matinée nous faisons le tour du parc en véhicule. Ce parc abrite de nombreux oiseaux; depuis un affut, nous apercevons flamands roses et divers oiseaux. Nous continuons la visite jusqu'au bout de la presqu'île. A cet endroit, faisant face à un îlot abritant des phoques, beaucoup de cadavres de bébés phoques pourrissent sur la plage. Non seulement, ce n'est pas très beau à voir mais en plus, ça empeste. Après avoir pique-niqué sur une aire aménagée, nous passons l'après-midi sur une plage dans une petite crique abritée du vent. 

Restaurant de plage Die Strandloper - Langebaan


Nous ne trainons pas dans le parc car, ce soir, nous avons réservé dans un restaurant à Langebaan. Ce soir signifie 18 heures ; c'est l'heure à laquelle les Sud-Africains se mettent à table pour diner. Hier, en cherchant un endroit où bivouaquer, nous avons découvert Die Strandloper, un restaurant de plage disposant de tables et de bancs rudimentaires abrités par des auvents en toile. Cela ne paie pas de mine (on mange dans des assiettes en carton et les couverts sont des coquilles de moule) mais l'endroit est absolument sublime. Face au coucher du soleil, toute une équipe s'affaire autour des braai pour cuisiner un menu gargantuesque de 10 plats de poissons grillés, de curry, de viande, de langoustes. Même le pain fait maison et le dessert sont cuisinés au feu de bois. Pour une fois, ce restaurant est fréquenté par toutes les populations; c'est à la fois populaire mais aussi très recherché et assez réputé. Nous passons une excellente soirée. Nourriture, ambiance, décor, tout y est parfait. Depuis que nous sommes en Afrique du Sud, nous allons fréquemment au restaurant. La raison est que l'on y mange bien et que les prix sont abordables. Difficile de trouver un endroit au monde où l'on peut faire un repas aussi riche et savoureux comme ce soir pour 20€. Les boissons sont à prix coûtant car le restaurant fonctionne sur le principe du BYO (Bring You Own) qui signifie que tu peux venir avec tes propres boissons sans qu'aucun supplément ne soit facturé.

Le lendemain, nous partons visiter d'autres endroits de la côte, Paternoster où les langoustes se vendent à la sauvette pour 3 fois rien puis St Helena Bay. Le vent souffle tellement fort dans ces 2 villages que notre seule envie est de repartir à Langebaan. C'est là que nous terminons le week-end avant de quitter définitivement la côte atlantique et de rejoindre le Cederberg Wilderness Area.

Cederberg Wilderness Area

Bivouac en pleine nature - Welbedacht, Cederberg WA
Pour aller au Cederberg, nous rejoignons la route nationale 7 qui relie Cape Town à la Namibie puis, arrivés à Citrusdal, nous nous engageons sur une bonne piste gravillonnée pour aller dans le parc. Entourés de sommets culminants à plus de 2000 mètres, le Cederberg est une région montagneuse avec des cailloux et de gigantesques formations de grès parsemés un peu partout, dans la vallée comme sur les hauteurs. C'est un endroit agréable pour randonner. C'est aussi le seul parc que nous avons visité en Afrique du Sud où vivent des félins, en l'occurrence des léopards, et qui n'est pas grillagé. 
Bien que ce ne soit pas autorisé, nous choisissons de bivouaquer en pleine nature. A Welbedacht, entre Algeria et Dwarsrivier, l'endroit est magnifique et sauvage. Le soir, nous entendons les animaux approcher pour s'abreuver dans un petit trou d'eau tout proche.

Dwarsrivierberg - Cederberg Wilderness Area

Maltese Cross - Cederberg Wilderness Area 

Dans ce parc, pour faire des balades, il faut obligatoirement s'enregistrer et payer un droit de randonner (incl. WildCard) soit aux bureaux d'Algeria soit à ceux de Dwarsrivier. Depuis Dwarsrivier, nous choisissons de faire le Maltese Cross Hike, une marche de 4 à 500 mètres de dénivelé et de 3 heures ou plus si on perd la trace du chemin et que, comme nous, on fait un détour. La croix de Malte est une formation rocheuse unique dont on se demande bien quel grand chambardement a pu créer un tel phénomène. Super balade avec une température de seulement 30°C alors qu'il faisait plus de 40°C la veille lorsque nous sommes arrivés au Cederberg.

Waterfall - Algeria, Cederberg Wilderness Area

Le lendemain, depuis le camping d'Algeria, nous montons voir les chutes d'eau qui domine le parc. C'est aussi une jolie balade, plus courte que celle de la veille et, cette fois, très bien balisée; impossible de se perdre !

Plantation de Rooibos - Cederberg

Vers midi, nous quittons le Cederberg Wilderness Area par la même piste que celle que nous avions prise; celle menant à Clanwillian, plus au nord, étant plus cahoteuse. Nous reprenons ensuite la N7 en faisant une petite halte à Clanwilliam pour visiter une usine de Rooibos. 
Depuis que nous sommes en Afrique Australe, nous ne buvons plus de thé mais du Rooibos, buisson rouge. C'est une plante endémique du Cederberg dont on coupe les tiges qui, une fois séchées, servent à faire des infusions. 

Sauterelles rouges pour seuls compagnons de route du Cederberg à Augrabies 

Nous passons le reste de la journée sur la route. En fin d'après-midi, nous nous arrêtons sur le parking d'un farmstall, un magasin de produits régionaux, en bord de route. Nous y passons la nuit puis le lendemain, nous passons toute la journée à rouler avec un seul arrêt dans la ville de Springbok pour nous ravitailler en diesel et en nourriture. Nous arrivons en début de soirée dans le petit village de Marchand où nous bivouaquons à côté de l'église. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de l'entrée du parc national Augrabies.  

Twin Falls - Augrabies national park

Main Falls - Augrabies national park 

Le parc national Augrabies préserve l'accès à plusieurs cascades du fleuve Orange. Ce fleuve, nous l'avions traversé il y a plusieurs semaines entre Bloemfontein et Barkly East, non loin du Lesotho. Entre temps, il a parcouru 2000 km, nous 6000. A partir de janvier, les chutes d'eau commencent à être importantes mais, c'est dans un mois qu'elles atteindront leur maximum. Des points-de-vue sont aménagés près de l'entrée du parc pour voir la cascade principale tandis qu'il faut faire quelques kilomètres à pied pour aller voir les Twin Falls le long du Gorge Trail ou  du Dassie Trail (7 km), tous deux impeccablement balisés; la vue depuis Arrow Point étant la plus belle vue sur le canyon. On peut également faire des randonnées plus longues dans ce superbe parc parsemé de gigantesques rochers et d'inselbergs mais il fait définitivement trop chaud l'après-midi pour entreprendre de grandes balades. Nous nous limitons donc au Dassie Trail et nous profitons du camping, C'est notre premier camping depuis 48 jours et son confort et surtout sa piscine nous apportent du bien-être.

Canyon du fleuve Orange - Arrow Point, Augrabies national park

Rats des Rochers - Augrabies national park

Oréotrague - Augrabies national park

Entre chaque étape, la route est longue; entre les parcs nationaux d'Augrabies et du Kgalagadi Transfrontier, c'est encore plus de 300 km avec un arrêt ravitaillement à Upington, une ville de plus de 50'000 habitants où on trouve tout.

Nous passons 3 jours dans le parc national du kalahari, le Kgalagadi Transfrontier (incl. WildCard), parc frontière entre l'Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie. Le parc est gigantesque; en 3 jours, nous parcourons 450 km. Les pistes ne sont pas difficiles, souvent gravillonnées et quelquefois un peu sablonneuses. Sur les conseils des rangers, Jean dégonfle les pneus du véhicule à 1.6 bars. Avant de rentrer dans le parc, nous dormons à une vingtaine de kilomètres de l'entrée sud de Twee Rivieren, en bord de route à l'ombre des acacias. Autour de nous, chèvres, moutons, ânes et un peu plus loin quelques bergeries, sinon rien. En attendant que la chaleur retombe, nous admirons le ciel et comptons les étoiles filantes. 

Le parc national Kgalagadi Transfrontier est incroyable. A 250 km de la première ville sud-africaine, Upington, il est totalement isolé; à l'ouest, le désert namibien, à l'est le désert botswanais. Ses principaux campements Nossob et Mata-Mata sont situés respectivement à 167 et 115 km de l'entrée du parc et pourtant chacun des camps est sécurisé et aménagé avec un camping, des bungalows, des sanitaires, une cuisine, une piscine, un petit magasin et une station-service. A l'entrée de Twee Rivieren, il y a même en plus un restaurant et un service de réparation des véhicules. Les pistes du parc sont bien entretenues, les campements sont parfaits. C'est fabuleux d'avoir ouvert une telle réserve au public sachant la difficulté qu'il y a de le faire et de le maintenir. 

Guépards, lions, springboks, girafes, écureuil, chouette, oryx, gnous, suricate, chacal, grand koudou
Kgalagadi Transfrontier national park

Le premier jour, depuis Twee Rivieren, nous montons jusqu'au camp de Nossob. Encore une journée chaude où les animaux demeurent à l'ombre (le thermomètre du véhicule indique 50°C), cependant, ils sont là, oryx, springboks, gnous, autruches, chacals, suricates, oréotragues, oiseaux dont des chouettes et un superbe lion à crinière noire qui se prélasse sous un arbre.
Le lendemain, nous rejoignons le camp de Mata-Mata où nous retrouvons sur notre route les mêmes animaux, lions y compris, ainsi que des koudous et des girafes. Dans le camp de Mata-Mata, comme dans celui de Nossob, se trouve un point d'eau d'où l'on peut observer les animaux venant se désaltérer. A Nossob, la veille, il y avait des springboks et des chacals, à Mata-Mata, nous avons plus de chance, il y a un lion. Nous pouvons l'apercevoir sans même nous déplacer, assis devant notre camping-car.
Le dernier jour, nous nous levons très tôt et quittons le camp à 6h. En 3 heures de temps, le long de la piste nous ramenant à Twee Rivieren, nous comptons 16 lions et 5 guépards, certains un peu éloignés, d'autres à quelques mètres seulement de notre véhicule. A chaque fois, ils sont proches d'un point d'eau. Nous sommes ravis car, même à Kruger, nous n'avions pas encore eu l'occasion de voir de très près des guépards. Cela clôt magnifiquement notre séjour en Afrique du Sud. 

Avant de quitter le pays et de rejoindre la Namibie, nous passons encore 2 jours à Upington. Cela nous permet de faire quelques courses et de s'organiser avant d'affronter le sud du désert namibien. Le passage de la douane est un peu plus long qu'à l'ordinaire car nous avons dépassé (volontairement) de 22 jours la durée de notre visa. Nous aurions dû sortir le 29 décembre. Nous écopons d'une interdiction de retour dans le pays d'un an, celle-ci pouvant encore être contestée.






L'Afrique du Sud : ni tout blanc, ni tout noir



Durant ces 3 mois 1/2 de traversée de l'Afrique du Sud, notre opinion sur ce pays n'a cessé d'évoluer. 

En arrivant, rendus craintifs par toutes les mises en garde que nous avions reçues avant de partir et durant le début du voyage, nous n'osions dormir ailleurs que dans un camping. En ville, sur les parkings des supermarchés, nous faisions garder notre véhicule. Les grillages, les services de sécurité patrouillant autour des résidences, etc.. Tout cela nous stressait. Puis, nous nous sommes aperçus que, même si le danger existe, il est souvent exagéré, surtout dans l'ouest et le sud du pays. Nous avons donc fini par être plus relax et au final, sur la centaine de nuits passées, nous avons bivouaqué en pleine nature ou en ville plus de la moitié du temps. 

Sur la population aussi, nous avions des a priori. L'apartheid, les inégalités, etc... Les inégalités entre Noirs et Blancs existent toujours dues essentiellement à la répartition de l'argent qui reste entre les mains des Blancs nous semble-t-il. Les communautés ne se mélangent pas même si, dans la vie de tous les jours, les gens vivent ensemble et sont, entre eux, amicaux et respectueux. De notre côté, nous avons eu plus de rapport avec les Blancs qu'avec les gens des autres communautés. Cela s'est fait naturellement même si nous le regrettons. Dans tous les cas, nous n'avons eu que de bons contacts avec la population que nous avons trouvée très chaleureuse et soucieuse de montrer une bonne image d'elle-même et du pays. Du côté des Noirs, jamais nous n'avons senti de rancœur  contre les Blancs. Il nous semble qu'ils sont fiers d'avoir vaincu l'apartheid et de vivre dans un pays multiculturel où chacun à sa place et ce grâce à leur lutte et à celle d'hommes comme Nelson Mandela. Nelson Mandela est, pour le monde entier, une icône, pour les Noirs, une idole, pour les Blancs sud-africains, ou plutôt pour certains Blancs, un terroriste (inscrit sur la liste des terroristes jusqu'en 2008 par les USA), un homme qui a utilisé la violence. Nous aimerions demander à ces gens qu'elle autre solution il y avait pour lutter contre l'apartheid, contre l'oppression, contre les inégalités mais, nous nous gardons bien de juger car nous n'avons pas vécu ce qu'eux-mêmes ont subi et parce qu'ils reconnaissent également que Mandela a assuré la paix du pays. Je pense d'ailleurs que c'est ce qu'il faut retenir de Mandela. Il ne faut pas que la violence utilisée soit mise en avant. En ce moment, la France se déchire, manifeste et les media ne retiennent que la violence. Pourquoi ? N'est-ce-pas pour dire que les manifestants sont plus coupables que ceux qu'ils dénoncent et ignorer leur malaise et leurs légimitimes revendications?

Quant au pays lui-même, il est extraordinaire; des océans, des rivières, des cascades, des montagnes, des forêts, des déserts, etc... C'est un condensé des plus beaux endroits de la terre. Avec en plus des parcs nationaux (accessibles à tous grâce à leurs infrastructures et leurs prix d'entrée modestes) nous permettant de faire des safaris et d'apercevoir les plus beaux animaux d'Afrique.

Des gens bienveillants et accueillants, des paysages magnifiques, des endroits à la fois préservés et accessibles, une grande diversité, une faune abondante, une cuisine appétissante, un climat agréable, une vie bon marché... En résumé, un pays que nous avons adoré et où nous pourrions vivre.

Le biltong, viande sèchée, spécialité sud-africaine  



Pour terminer, une chanson que l'on entend souvent en Afrique du Sud et qui parle d'apartheid et même un peu plus...

Traduction française des paroles de la chanson d'Eddie Grant, "Gimme hope Joanna".

Il garde un frère dans la subordination
Mais peut-être que la pression fera voir à Jo'anna
Comment tout le monde pourrait vivre ensemble

Donne moi de l'espoir, Jo'anna
De l'espoir, Jo'anna
Donne moi de l'espoir, Jo'anna
Avant que vienne le matin
Donne moi de l'espoir, Jo'anna
De l'espoir, Jo'anna
De l'espoir avant que vienne le matin

J'entends dire qu'elle se sert de l'argent des mires d'or
Pour acheter des nouvelles armes, des pistolets de toutes formes
Pendant que chaque mère dans le ghetto noir de Soweto craint

La mort d'un autre fils
Entrant furtivement dans les frontières des voisins
Maintenant et encore pour s'amuser un peu
Elle se moque si l'amusement et les jeux qu'elle joue
Est dangereux pour tout le monde

Donne moi de l'espoir, Jo'anna
De l'espoir, Jo'anna
Donne moi de l'espoir, Jo'anna
Avant que vienne le matin
Donne moi de l'espoir, Jo'anna
De l'espoir, Jo'anna
De l'espoir avant que vienne le matin

Elle a des supporters placés dans des hauts lieux

Qui tournent leurs têtes pour voir le soleil de la ville
Jo'anna leur donne de l'argent
Oh pour tenter n'importe qui de venir
Elle sait même comment faire virer l'opinion
Dans tous les magazines et les journaux
Pour chaque mauvais mouvement que cette Jo'anna fait
Ils ont une bonne explication

Donne moi de l'espoir, Jo'anna
De l'espoir, Jo'anna
Donne moi de l'espoir, Jo'anna
Avant que vienne le matin
Donne moi de l'espoir, Jo'anna
De l'espoir, Jo'anna
De l'espoir avant que vienne le matin


Même le prêtre qui travaille pour Jésus
L'archevêque qui est un homme de paix
Disent ensemble que les combattants de la liberté
Surmonteront les très puissants
Je veux savoir si tu es aveugle Jo'anna
Si tu veux entendre le son des tambours
Ne vois-tu pas que le coeur des évènements est en train de tourner
Oh ne me fais pas attendre que vienne le matin.


Page 12 sur 23