Namibie Etosha et le nord-est

29.06.2018 / 14.07.2018
Voilà maintenant 2 semaines que nous avons pris la route et quitté Walvis Bay. Nous avons parcouru 2'300 km, la plupart du temps sur des pistes, c'est dire que nous avons passé beaucoup de temps dans le véhicule. Cependant, rouler fait partie du voyage et de la découverte du pays.
La cadence ne va cependant pas diminuer car nous entrons maintenant dans le parc national d'Etosha, une réserve de 22'000 km2 .

Nous avons décidé de visiter le parc d'ouest en est. Nous rentrerons par Galton gate et sortirons à Von Lindequist Gate. Il semblerait que la partie ouest du parc ne soit ouverte que depuis peu.
La veille de rentrer, nous nous présentons à la porte Galton pour réserver les campings. Surprise, tout est complet. Il ne reste que des emplacements au Namutoni Fort près de la sortie Von Lindequist ce qui ne nous arrange pas vraiment. Nous y réservons quand même la deuxième nuit. Pour la première, il faudra sortir du parc et bivouaquer près de l'entrée centrale du parc, à Andersson Gate.

C'est ennuyeux car il semble que la nuit, au Okaukuejo camp site où nous avions prévu d'aller, il y ait encore pas mal d'animaux à voir et que nous allons les manquer. Cependant, ce n'est pas très contraignant au niveau des kilomètres à parcourir car, à l'extérieur du parc, il est possible de se garer tout près des entrées.
D'ailleurs, avant d'entrer, nous passons la nuit au bord de la route principale, tout près de Galton Gate.

Lever du jour, on attend devant l'entrée d'Etosha national park

Le parc ouvre au lever du jour. A 6h30, nous sommes devant la grille. Nous avons 1 heure d'avance car, s'il fait déjà jour pour nous, pour les gardes du parc, il faut attendre 7h30 et même 8h00 que le bureau ouvre. 

Parc National d'Etosha, jour 1

Le parc Etosha, c'est comme écrit dans les guides : grandiose, fabuleux !
Lorsque nous débutons, tôt le matin, nous ne croisons d'abord que des troupeaux de springboks, de zèbres et de kudus ainsi qu'une girafe. Mais, à mesure que nous progressons vers les différents trous d'eaux, la quantité et la diversité des animaux augmentent. Girafes, oryx, gnous, autruches, phacochères, etc... On aperçoit au loin, une forme grise qui pourrait ressembler à un éléphant; on s'approche et effectivement, il s'agit bien d'un éléphant. Alors que je suis derrière dans le véhicule pour le prendre en photo, j'entends Jean crier; 4 éléphants énormes viennent de sortir des arbres et avance en direction du point d'eau et de notre véhicule. Le spectacle est merveilleux. 

Parc National d'Etosha, jour 2

Le lendemain, alors que nous naviguons maintenant entre Okaukuejo et le camp Namutoni, nous sommes étonnés de voir de telles quantités d'animaux. Le matin, ils parviennent par petits groupes, chacun leur tour. On attend de longues minutes avant de les voir tous mais, l'après-midi, on assiste à l'arrivée de milliers de bêtes toutes mélangées les unes aux autres. Leur nombre est impressionnant, on a l'impression d'un flot qui ne s'arrête jamais.

Parc National d'Etosha, jour 3

En 2 jours, nous avons parcouru, dans le parc, 511 km (266 le premier jour et 245 le deuxième). C'est beaucoup. La première journée a été éprouvante car les chemins étaient en mauvais état. Nous avons dû rouler sur de la "tôle ondulée" sans moyen de s'en échapper.
Les 2 jours suivants, les pistes étaient bien meilleures, heureusement. 
Le dernier jour, puisque nous avions déjà traversé le parc, nous sommes revenus sur nos pas, toujours à la recherche des animaux mais, cette fois, nous avons pris le temps de les attendre et de les surprendre. Nous n'avons fait que 142 km et avons quitté le parc avant la nuit tombée.

Il est donc encore tôt lorsque nous quittons Etosha. Nous avons le temps d'arriver à Tsumeb avant la nuit. Pourquoi avant la nuit ? Parce que nous ne roulons jamais la nuit à moins d'y être contraints. Et pourquoi Tsumeb ? Parce qu'il est écrit, dans notre guide Lonely Planet, que Tsumeb "est une ville intéressante si vous souhaitez vous imprégner de la vie urbaine namibienne." et qu'elle "est faite de rues très agréables bordées d'arbres dans lesquelles vous croiserez quelques sourires." 
Bien que nous ne soyons pas très friands des villes, nous adorons bivouaquer dans une petite ville, et nous y balader. C'est là que nous y trouvons, dans les petites boutiques, les différentes choses qui nous manquent. A Tsumeb, c'est là aussi que nous trouvons une laverie pour y déposer notre linge sale et le faire laver.
Sur notre GPS, nous avons repéré un parc, le parc des Nations Unies. Nous nous y garons pendant 2 jours. 

Rundu, ville minière
Tsumeb est une ville minière animée sauf après 17h00 lorsque les magasins ferment et que toute activité cesse. 
Les gens y sont effectivement sympathiques et souriants. Alors que nous venons de passer 2 nuits sur place, un voisin vient nous trouver pensant que nous avons des soucis. Il n'est évidemment pas courant que les voyageurs dorment, comme nous, dans la rue.

Sur la route (Tsumeb - Rundu)

Après Tsumeb, nous prenons la direction du nord vers la Zambesi (ou bande de Caprivi) par l'impeccable route B8 qui, en plus d'être en très bon état, est peu empruntée. A mi-chemin, nous dépassons la ligne rouge, une limite sanitaire qui sépare la région des fermes d'élevage commerciales du sud et celles de l'agriculture vivrière au nord. En même temps que nous franchissons cette ligne disparaissent les grandes propriétés clôturées et apparaissent des centaines de petites fermes et villages constitués de huttes au toit de chaume et de cabanes en terre. Autour de ces villages, il y a un monde incroyable; beaucoup, hommes, femmes, enfants vont chercher de l'eau à une pompe éloignée du village, les femmes pilent des céréales, d'autres se réunissent sous un arbre, les enfants rentrent de l'école, etc...
C'est dans cette ambiance plus "africaine" que nous arrivons à Rundu pour passer la nuit. Là encore, nous bivouaquons dans la ville. Cette fois, Jean a repéré la "Rundu Beach" où nous pouvons passer la nuit. La plage est au bord de l'Okavango river. Nous guettons les crocodiles et les hippopotames sans succès.

Coucher de soleil sur l'Okavango river et la frontière angolaise (Rundu)

Rundu, à l'image de la région, est une ville très différente de celles que nous avons vues jusque-là. Nous y découvrons un marché couvert animé et varié où les femmes vendent des vêtements confectionnés sur place, où d'autres vendent des tissus Wax ou des objets artisanaux. Notre plus grande découverte, sur ce marché, ce sont les délicieux beignets chauds et sucrés vendus 1 N$ pièce (0.07€). Il faut raisonner Jean pour qu'il ne passe la journée à en manger ! Est-ce la proximité de la frontière angolaise mais il semble qu'il y ait pleins de bonnes choses à manger ici. En Namibie, en général, la gastronomie est inexistante; peu de fruits, peu de légumes et rien de très appétissant tandis qu'ici, c'est le contraire. Tout nous fait envie. Du coup, on déjeune sur place, dans un petit resto typique où on nous sert de délicieux plats de viande en sauce. Jusqu'à présent, les seuls restaurants que nous avions fréquentés étaient dédiés aux touristes avec une nourriture internationale bonne mais sans saveur.

Marché couvert de Rundu

Dans l'après-midi, nous reprenons la route vers Divundu, porte d'entrée de la Zambezi et des parcs et réserves Bwabwata et Mahango. Encore une fois, c'est au bord de l'Okavango que nous trouvons un bivouac au milieu de la population. C'est l'occasion d'échanger quelques paroles avec les gens du village venus chercher de l'eau du fleuve et avec ceux qui aimeraient bien trouver des partenaires, nous par exemple, pour créer un camping sur le terrain que nous occupons .

Divundu Beach, futur camping ?

Raimbow Lodge, Divundu - Popa Falls rive ouest





Bien que nous privilégions les bivouacs sauvages, ce soir est un peu spécial; l'équipe de France de foot rencontre l'Uruguay en 1/4 de finale de la Coupe du Monde et Jean aimerait bien voir le match. Nous devons donc aller dans un camping; ce sera au Raimbow Lodge tout près des Popa Falls, toujours au bord de l'Okavango.
Quelques bières et un passage aux toilettes pour découvrir notre premier hippo .... animal parait-il très dangereux ! 
La France bat l'Uruguay 2-0.


Autour de Divundu, il y a multitude de choses à voir, d'abord les Popa Falls, petits rapides sur la rivière Okavango que l'on peut découvrir depuis les 2 rives. Il y a également la Mahango Game Reserve, un parc sauvage où sur moins de 30 km de distance, on aperçoit une multitude d'animaux, les mêmes que ceux que nous avons vus à Etosha mais aussi des hippopotames, des buffles et de nombreux autres antilopes et gazelles. On a la chance de croiser un guépard malheureusement trop furtivement pour que l'on puisse le photographier. Il y a aussi le Bwabwata national park que nous réservons pour le lendemain car, même s'il n'y a pas beaucoup de kilomètres à faire dans le Mahango, il faut souvent patienter pour apercevoir les animaux. Lors des premiers kilomètres dans le Mahango, dans la partie ouest du parc, les petits épineux ont rayés la carrosserie dans toute sa longeur. Ca c'est fait !

Mahango Game Reserve

Popa Falls, rive est

On a d'ailleurs tellement passé de temps dans le Mahango que nous sommes surpris par la nuit lorsque nous nous dirigeons vers les Popa Falls sur la rive est de l'Okavango. Le chemin qui mène à la rivière est, en plus, en très mauvais été. Lorsque nous parvenons à destination, nous nous apercevons que nous sommes dans un campsite. Le camp semble abandonné; il est en réalité en cours de réhabilitation par Ronny et Tapi, 2 Namibiens de Swakopmund, qui, lorsque nous arrivons, sont en train de contempler le coucher de soleil. Ils acceptent que nous restions sur place, nous invitent à passer la soirée avec eux autour d'un feu et nous donnent rendez-vous le lendemain matin pour prendre le petit-déjeuner.

Goabaca Community Camp avec Ronny et Tapi (Divundu - Popa Falls rive est) 

Le camp qu'ils reconstruisent est l'ancien Goabaca Community Camp. Ronny est associé, dans ce projet, à 50% avec la communauté san de la région. La moitié des bénéfices leur seront versés. C'est ce qui est prévu mais, ce qui n'était pas prévu, c'est que l'Etat namibien se mêle de l'affaire car le camp se situe dans le parc national de Bwabwata. Il n'est pas sûr que Ronny puisse terminer son projet. 
Durant la soirée, nous évoquons la situation du peuple san, première tribu ayant peuplé la Namibie. De tout temps, les San ont été des chasseurs-cueilleurs nomades. Leur mode de vie ne s'accommodant pas avec celui des autres groupes ethniques, éleveurs et agriculteurs, venus d'Afrique ou d'Europe, ils ont commencés à être chassés de leur terre ou exterminés. Dans les dernières décennies, on les a expulsés de leurs terres devenues des parcs nationaux ou des réserves. Si nous nous réjouissons de visiter Etosha, une des plus belle et plus grande réserve animalière d'Afrique, il faut savoir que c'est au détriment du peuple san.
Déracinés, privés de leur moyens de survivance, le peuple san et sa culture s'éteignent petit à petit dans une pauvreté extrême; pauvreté accompagnée de la maladie et lorsqu'on parle de maladie en Afrique Australe, c'est souvent pour évoquer le Sida.

Parc National de Bwabwata 

Après avoir pris notre petit-déjeuner devant les Popa Falls en compagnie de Ronny et Tapi, nous partons visiter une partie du Bwabwata national park, la zone des buffles. Des buffles, on en voit des troupeaux entiers dans ce parc du delta de l'Okavango, souvent lointains mais quelquefois sur notre route. Les hippopotames sont eux moins actifs et ils restent des heures le corps immergé à moitié dans la boue.
Au bord de l'eau, nous croisons également des crocodiles et la palette d'animaux habituels sauf des girafes. C'est un parc magnifique où là encore, il n'y a pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour découvrir une faune variée.

En sortant du parc, nous projetons de faire quelques kilomètres en direction de Kongola où nous avons rendez-vous avec Luc dont Françoise et Alain, des voyageurs actuellement en Afrique, nous ont donné les coordonnées. Entre l'entrée du parc Bwabwata national park à Divundu et la sortie à Kongola, nous sommes confrontés directement à la pauvreté du peuple san. Au bord de la route, les maisons sont misérables et les gens sont vêtus pauvrement, ce qui n'est pas courant en Namibie. Nous sommes mal à l'aise et préférons faire les 200 km pour atteindre Kongola avant la nuit. Nous dormons près d'un centre d'artisanat dès les portes du parc franchies.

Le camp de Luc en construction
Le lendemain matin, après avoir fait quelques provisions dans le petit magasin d'alimentation de Kongola, nous rejoignons le camp qu'est en train de construire Luc au bord de la rivière Kwando. Luc nous y rejoint le lendemain.

Kwando river (Kongola)

Luc a découvert l'Afrique en débarquant en Ouganda au début des années 80. Après le Kenya, un retour en Europe, le Botswana, il est maintenant installé en Namibie; c'est peu dire s'il connait bien la région. Entre petites anecdotes et grandes histoires, nous faisons, grâce à lui, connaissance avec les différentes ethnies, leurs mœurs, leurs modes de vie qu'il connait bien.
Entre autres projets, Luc est en train d'installer, au bord de la rivière Kwando, un camping, dans le style des villages d'ici, c'est à dire avec des huttes au toit de chaume entourées d'une palissade en jonc. L'endroit qu'il a choisi est non seulement magnifique mais il a aussi beaucoup d'atouts et notamment celui d'être au carrefour de 3 parcs nationaux et d'être au bord d'une rivière qui attire une faune sauvage abondante. Pour en juger, il nous y emmène en bateau.

Le long de la Kwando river




Au fil de l'eau, nous approchons de très près des koudous, des impalas, des singes qui se baladent à la suite des éléphants, des hippopotames que nous aimerions approcher d'encore plus près mais qui sont trop dangereux pour que l'on joue avec et une pléiade d'oiseaux. On se "perd" dans les canaux envahis de roseaux et de papyrus et parsemés de nénuphars.

La faune le long de la Kwando river



Si vous vous rappelez bien, il y a 4 jours, l'équipe de France de foot s'est qualifiée pour les 1/2 finales du championnat du monde; le match a lieu ce soir. Luc emmène Jean dans un shebeen, un bar "clandestin" pour le regarder. Ambiance populaire garantie même si l'enjeu n'intéresse pas les Namibiens.
La France se qualifie pour la finale contre la Belgique 1-0 sur un fond de musique africaine.


Shebeen à Sinaii - Kongola

The Braai Place - Katima Mulilo

C'est à Katima Mulilo que nous passons nos dernières journées en Namibie. Nous y retrouvons Luc qui est rentré pour le week-end et nous faisons connaissance avec Esther, son amie, qui tient un take-away au marché couvert où nous déjeunons de bœuf grillé accompagné de légumes et de pap assaisonné de sauce tomate. 


Katima Mulilo, située à la pointe de la Zambezi, est frontière avec la Zambie et très proche du Botswana. Dans quelques mois, lorsque nous reviendrons, ce sera pour aller en Zambie mais aujourd'hui, c'est vers le Botswana que nous nous dirigeons.



Le nord de la Namibie

Depuis notre départ de Walvis Bay, nous n'avons connu que des temps forts. La Namibie est une destination idéale de voyage. Les paysages, la population souriante, amicale et pittoresque, la faune sauvage... tout nous a ravis; même les pistes caillouteuses qui nous ont permis de sortir des sentiers battus.
Les infrastructures touristiques du pays sont suffisamment développées pour que les sites soient facilement accessibles et elles ne le sont pas encore totalement pour que l'on puisse y découvrir, par soi-même, des endroits isolés et protégés et y rencontrer les différentes ethnies sans obligatoirement passer par une agence de tourisme.
On s'y sent en sécurité, en ville, comme dans les endroits isolés. Nous avons pu bivouaquer où nous voulions.
Quant au climat, en juin et juillet, il est idéal, sec et chaud la journée sans excès; il n'y a pas de moustiques !


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