Mozambique sud

28.08.2018 / .09.2018
Le Mozambique devrait être une expérience très différente de celles que nous eues dans les 3 premiers pays que nous avons visités; ce sera une étape balnéaire mais, en attendant la mer, le sable fin et les cocotiers, il pleut à la douane de Machipanda. Ce sont les premières gouttes de pluie depuis que nous sommes partis, il y a un peu plus de 2 mois 1/2. Nous sommes encore en altitude, à plus de 1000 mètres sur le haut plateau qui couvre la Namibie, le Botswana, le Zimbabwé et l'ouest du Mozambique sur plus de 8000 km.

Du goût et des couleurs aux menus mozambicains

Ce climat profite aux cultures et, tout au long de la route, nous pouvons nous réapprovisionner en fruits produits localement, ananas, bananes, noix de coco, papayes, etc... Ce n'est pas encore la saison des mangues et c'est bien dommage car les arbres sont déjà bien fournis.

De la frontière zimbabwéenne à Inhassoro

Une route principale, la N1, traverse le pays du sud au nord. Depuis la frontière zimbabwéenne, nous devons suivre la route N6 pendant 150 km pour la rejoindre. Cette dernière est flambant neuve et cela nous permet d'avancer rapidement. Nous avons prévu d'atteindre Inhassoro, au bord de mer, en 2 jours. Il y a environ 500 km à parcourir et si la route est aussi bonne, cela devrait être plus rapide que prévu même si nous perdons un peu de temps en route, à Chimoio, pour faire quelques courses, retirer de l'argent et acheter une carte sim et si la nuit nous impose de nous arrêter dans un village, Muxungue.
A quelques kilomètres de Muxungue, nous avons trouvé un emplacement tranquille, un petit terrain de foot sous les cocotiers. Pas mal pour un premier bivouac, sachant que nous ne sommes pas très regardants quand il s'agit de journées passées à rouler. C'est sans compter sur un groupe de militaires qui viennent nous déloger et nous imposent d'aller nous garer dans le village. On ne comprend pas si c'est parce que nous sommes chez eux ou si c'est pour notre sécurité; on essaye bien de les dissuader de nous faire partir mais, nous ne les convainquons pas. La nuit est maintenant tombée et nous devons retourner à Muxungue. Malheureusement, depuis que nous avons rejoint la route N1, il y a quelques trous et nous devons être très vigilants car on a vite fait de se faire piéger. 

Après une belle route, 200 km de trous sur la N1

Comme souvent dans un village, c'est bruyant et la nuit s'avère peu reposante; nous sommes à 2 pas du puits où les femmes, tôt le matin, viennent remplir leurs bidons. Ça papote, ça rigole même avant que le jour ne soit levé.

La route est relativement en bon état puis, sur environ 200 km, elle se dégrade; il y a des trous partout. Nous roulons au pas. Heureusement, il n'y a peu de circulation et nous pouvons avancer à notre allure sans tenir compte des autres véhicules qui risqueraient de nous percuter lorsque, surpris, nous sommes contraints de piler devant un trou.
En fin de matinée, nous arrivons à Inhassoro. Dans le village, en bord de mer, nous campons au Complexo Touristico Seta (fini l'anglais, on parle maintenant portugais). En septembre, c'est la saison creuse et nous sommes les seuls touristes dans le camp.

Enfin la mer ...

...et la plage - Inhassoro

Le restaurant du complexe est un peu plus fréquenté, à la fois par des étrangers et par des Mozambicains. Nous ne risistons pas longtemps avant d'aller y déguster notre première langouste. Ça change du début du voyage, fruits déicieux, poissons frais, fruits de mer et langoustes. L'influence portugaise sur la cuisine est nettement meilleure que celle qu'ont pu avoir les anglais sur les autres pays ! 

Pêcheurs d'Inhassoro

Inhassoro, au bord de l'océan Indien, est certes une petite station balnéaire mais c'est, avant tout,  un village de pêcheurs. Dans le village, de nombreuses structures hôtelières sont à l'abandon ou en passe de l'être alors que plus l'on s'éloigne, plus les lodges deviennent charmants et un peu luxueux. Loger dans le village permet cependant de découvrir la vie des villageois, son marché et sa centaine de lojas (échoppes) vendant de tout, du matériel électrique, au vêtement seconde main en passant par les bassines en plastique, les DVD, les tissus Wax, etc... 

Marché d'Inhassoro


Alors que nous nous faisons bronzer sur la plage (et chopons nos premiers coups de soleil), nous sommes démarchés, par Julio, un local, pour faire une excursion sur l'Île Santa Carolina, dans le parc national de Bazaruto. Cela nous paraît un peu cher pour une journée de snorkeling mais, après discussion et marchandage, nous nous laissons convaincre. 
Ce qui est très surprenant, dans ce pays, c'est que rien n'est écrit, vous ne recevez jamais de récépissé lorsque vous payez cash un camping, lorsque vous réserver une excursion et verser des arrhes à un presque inconnu. Est-ce que tout fonctionne sur la confiance ? Cela nous parait surprenant et tellement inhabituel. En Namibie, au Botswana et Zimbabwé, nous devions toujours nous enregistrer quelque part et l'on recevait toujours plusieurs preuves de paiement; c'était très procédurier, voir un peu lourd. Au Mozambique, il va falloir être plus relax... Ce qui n'est pas vraiment dans ma nature...

Départ vers l'île Santa Carolina - Inhassoro

2 jours plus tard, nous embarquons sur un bateau, en compagnie de 4 "membres d'équipage" et 8 touristes sud-africains. Si tout est compris dans l'excursion, nourriture et boissons, nos Sud-Africains ont eu peur de manquer et sont montés à bord avec une glacière pleine de boissons qui, à la fin de la journée, auront bien éméché quelques membres de la troupe, dont Peter, le "chef de bande".

Excursion à l'île Santa Carolina en compagnie de touristes sud-africains - parc national de Bazaruto

Île Santa Carolina - parc national de Bazaruto

Île Santa Carolina - parc national de Bazaruto


L'Île Santa Carolina, appelée également Paradise Island, est telle qu'on imagine une île de rêve, plages de sable blanc entourées d'une mer turquoise et d'une barrière de corail. C'est une des plus petites îles de l'archipel de Bazaruto. Elle n'est plus habitée mais les ruines d'un hôtel de luxe ainsi celles d'une église font encore face à la mer. On imagine ce qu'a pu être ce petit paradis pour privilégiés il y a quelques dizaines d'années.
Après avoir nagé au milieu des coraux et des nombreux poissons de toute sorte (snorkeling intéressant mais manquant de couleur), nous déjeunons sur la plage de poisson et poulet préparé par notre skipper-cuisinier.
Nous n'avons malheureusement plus le temps, après le repas, de nous baigner à nouveau car, les Sud-Africains qui nous accompagnent doivent retourner avant que la marée ne monte, à Bartolomeu Dias, l'endroit où ils logent.

30 km de plage pour rejoindre Bartolomeu Dias


Bartolomeu Dias se trouve à 30 km au nord d'Inhassoro, au bout d'une presq'île seulement accessible par la plage. Cela signifie que l'on ne peut atteindre l'endroit qu'à marée basse. Lorsque nous accostons, il reste à Peter et sa bande moins de 1 heure 1/2 pour rentrer avant que l'eau n'ait envahi la plage et que la nuit ne soit tombée. Il faut faire vite. Peter nous a proposé de les accompagner jusqu'à BD. Cela faisait plusieurs jours que nous hésitions à y aller. 2 jours avant, nous nous étions enfin décidés et avions acheté le permis pour nous y rendre (valable 30 jours - 1000 Mtn) mais nous voulions prendre notre temps pour y aller pour éviter de nous retrouver, en cas d'ennui, pris par les eaux. Aujourd'hui, nous n'avons que le temps de dégonfler les pneus au maximum, de monter en vitesse dans le véhicule et de suivre nos hôtes. Pourvu que tout se passe bien.
On emprunte un petit passage pour descendre sur la plage; tout va bien. Le sable est suffisamment dur et le camping-car se comporte bien. Nous sommes donc rassurés au niveau de la conduite. Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu. Tout d'abord, aujourd'hui 1er septembre, c'est l'ouverture de la saison de pêche. Cela signifie que des centaines de personnes bloquent la plage avec des cordes pour remonter les filets. Il faut donc contourner un à un les groupes en montant sur le banc de sable mou. On perd du temps mais on avance quand même. Il fait de moins en moins clair. Alors que nous roulons, nous nous apercevons qu'une des 2 voitures nous accompagnant ne suit plus. Le conducteur de l'autre voiture fait demi-tour pour aller à sa rencontre tandis que nous poursuivons notre chemin. Le soleil s'est déjà caché quand nous arrivons à DB, au Club 15 où logent nos amis. Nous sommes seuls avec Theresa, la femme de Peter qui est montée avec nous dans le camping-car au moment où nos véhicules se sont séparés. 2 heures plus tard, les 2 véhicules arrivent; il fait nuit noire. La marée est presque en haut et, sur les derniers kilomètres, les voitures ont dû rouler dans l'eau. Verne, qui conduisait le véhicule qui manquait a percuté, en contournant des pêcheurs, un pieu qui a défoncé la jante et déchiré le pneu de son 4x4. Au moment de réparer, son cric, s'est alors cassé et il s'est retrouvé sans moyen de réparer. Heureusement qu'il y avait un autre véhicule qui a pu le dépanner sinon il serait resté planter dans l'eau. Nous voilà avertis pour le retour; il faudra partir suffisamment tôt pour parer à un éventuel problème.

Club 15 - Bartolomeu Dias


Si nous avons pris quelques risques pour suivre Peter et ses amis c'est aussi parce qu'ils nous ont proposé de partir, demain matin, à la pêche au gros. C'est leur dernier jour de vacances donc c'était ce jour-là ou jamais. Nous n'avons jamais pêché et encore moins au gros; c'est une expérience que nous ne voulions pas manquer.

Première expérience de pêche au gros - BD


A 6h00, nous embarquons avec Peter et Verne sur un bateau à moteur. Le skipper navigue à vive allure pendant 25 km puis s'arrête au milieu de l'océan. Peter prépare alors les cannes à pêche et nous attendons que le poisson morde mais, rien... Ce n'est pas le bon endroit; l'eau y est un peu trouble. Nous repartons pour 10 km. Peter réinstalle le matériel. Quelques minutes plus tard, il m'appelle; ça mord déjà, du gros. Il me met la canne entre les mains et à moi de remonter le poisson. Dur, dur, quand on ne connait pas la technique. Lorsque le poisson arrive en surface, Peter reprend la canne en main car je n'en peux plus. Ça s'appelle aussi pêche sportive et ce n'est pas pour rien ! Peter remonte un thon de 8 kg. C'est ensuite au tour de Jean de pêcher un magnifique barracuda de 12 kg. Puis on alterne, pêchant chacun un autre barracuda. En tout, nous parvenons à prendre, à nous 4, 7 barracudas et 1 thon. Une pêche très chanceuse pour une première et une belle expérience.

A chacun son barracuda - Bartolomeu Dias

Pêche miraculeuse en compagnie de Verne et Peter : 1 thon et 7 barracuda - Bartolomeu Dias

Nous passons une dernière soirée en compagnie de nos amis en promettant d'aller les trouver, chez eux, à Port Edward, lors de notre passage en Afrique du Sud. Nous avons beaucoup apprécié leur hospitalité et ils ont beaucoup insisté pour que nous nous revoyions. Le lendemain matin, à 4h00, ils retournent chez eux. De notre côté, nous attendons la prochaine marée basse, 8 heures plus tard, pour repartir.

Lever du soleil à Bartolomeu Dias en attendant la marée basse

Retour de BD à Inhassoro ...

... en évitant pêcheurs et filets - Inhassoro

Pendant une vingtaine de kilomètres, nous roulons seuls sur la plage immense avant de retrouver les pêcheurs aux abords d'Inhassoro.


Il reste, avant d'atteindre Vilanculos, notre prochaine étape à regonfler les pneus et faire nettoyer le bas de caisse du camping-car qui s'est fait sablé et salé durant ces 2 traversées.
Vilanculos se trouve à environ 80 km au sud d'Inhassoro. 
Le temps de faire laver le véhicule à l'entrée de Vilanculos et il fait déjà nuit ce qui complique beaucoup notre recherche d'un bivouac. On traverse le marché plein à craquer, on fait des kilomètres dans le sable, au milieu des habitations, pour rejoindre un camping au sud du village avant de faire demi-tour et de se retrouver chez Josef et Tina, un "lodge" au bord de l'eau bien connu des voyageurs mais qui a vécu. Le point positif est son emplacement et la gentillesse du gardien. Le reste est un peu pouilleux. C'est d'ailleurs un peu l'effet que nous fait cette ville de Vilanculos ce soir, un peu pouilleuse.

Plage et village de Vilanculos

Mais, ce n'est pas du tout l'effet que l'on a le lendemain matin lorsque nous découvrons sa belle plage et la mer turquoise très calme. De plus, la ville est dynamique, le marché et les commerces typiques; c'est une ville intéressante à visiter. Nous nous faisons un peu arnaquer en achetant d'énormes crevettes. Le marchandage n'est pas toujours facile et les vendeurs pas souvent conciliants; on repart souvent sans rien mais là, les crevettes étaient vraiment trop tentantes.

Artisanat : chaume, charbon et jarres en bois - de Vilanculos à Morrungulo

Cependant, même si Vilanculos est plutôt agréable, nous aspirons à plus de tranquillité. Nous trouvons celle-ci à Morrungulo, en continuant de descendre la côte vers le sud. Morrungulo n'est même pas un village; c'est au plus quelques habitations éparpillées au milieu des cocoteraies et quelques lodges en bord de mer. Après quelques kilomètres de piste sablonneuse, nous nous installons au Bonito Bay Beach Lodge, un endroit magnifique où le gérant nous offre un petit chalet en plus de l'emplacement. Si nous profitons des sanitaires du bungalow, nous dormons cependant dans le camping-car.

Quelques kilomètres de pistes pour rejoindre Morrungulo

Bonito Bay Beach Resort - Morrungulo

Le Bonito Bay Beach est un lodge "carte postale". On est heureux d'avoir trouvé un si bel endroit. Nous partageons la plage avec les locaux mais sommes presque les seuls touristes. La mer est plus agitée qu'à Inhassoro et Vilanculos mais très agréable. Au loin, nous apercevons des dizaines de baleines chaque jour. Conscients qu'il sera peut-être difficile de trouver un meilleur endroit dans les jours qui suivent, nous y restons 4 jours. Le voyage est un peu entre parenthèse, on a l'impression d'être en vacances !

Etape de rêve à Morrungulo

Les femmes lavent le linge tandis que les enfants profitent de la mer et que les vaches se promènent - Morrungulo

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