Ethiopie

27.09.2019 / 01.11.2019


Après 5 semaines d'incertitude (depuis le jour où notre demande de visa éthiopien a été refusée à l'ambassade de Nairobi) nous saurons aujourd'hui si nous pouvons ou non franchir la frontière de Moyale avec notre e-visa officiellement valable pour les arrivées par avion et non par voie terrestre. En entrant dans le bâtiment des services d'immigration éthiopiens, on n'en mène pas large mais lorsqu'on nous indique le bureau où présenter notre e-visa, on comprend alors que la procédure bien qu'officiellement non autorisée est en réalité habituelle. Après un appel téléphonique passé par l'agent aux services d'Addis Abeba, notre entrée est validée. Ouf ! Nous sommes enfin en Ethiopie. 

Enfin en Ethiopie !

Alphabet amharique

La frontière franchie, on se met en quête d'un ATM pour retirer des birrs, la monnaie locale, et d'une agence Ethio Telecom pour acheter une carte sim. Ici, tout semble un peu plus compliqué que dans les autres pays. Avant de pouvoir retirer de l'argent, je parcours la rue principale de long en large (chaque passant que j'interroge m'envoyant d'une banque à l'autre) avant de trouver enfin un distributeur qui fonctionne. Pour la carte sim, on reporte l'achat car il pleut et je n'ai plus envie de patauger dans la boue. Autres petites complications ou plutôt différences avec les autres pays, l'Ethiopie dispose d'un alphabet spécifique, l'amharique, qui ne ressemble à rien de ce que l'on connaît, les Ethiopiens comptent les années avec un décalage de 7 ans par rapport à notre calendrier et les heures à partir du lever du soleil. Nos repères changent... sauf pour les routes où l'on conduit désormais à droite. 

Région de Moyale

Lorsque nous quittons la ville, nous retrouvons des villages un peu semblables à ceux du Kenya avant le passage de la frontière. Les cases en torchis sont colorées et les troupeaux de chèvres et de dromadaires gambadent sur la route menés par de petits bergers. Les gens, comme toujours, nous saluent et sont souriants. Un peu avant la ville de Mega, nous décidons de bivouaquer en pleine nature. L'endroit est presque désert.

Entre Mega et Yabelo

Nous avions prévu, le lendemain, de nous arrêter pour dormir à Yabelo mais lorsque nous traversons la ville, on change d'avis. C'est vraiment très moche et les endroits où nous pourrions passer la nuit ne valent rien. On décide donc de continuer notre route même si nous avons déjà beaucoup roulé. Les routes sont bonnes et celle que nous prenons pour nous rendre à Konso, dans la Vallée de l'Omo, est excellente. Cela nous permet de profiter confortablement de paysages magnifiques.

De Yabelo à Konso

A Konso, même constat qu'à Yabelo, moche et pas de bivouacs corrects. On continue notre route et on arrive à Weyto où nous nous arrêtons en bord de route dans le seul lodge du village. Il y a quelques chambres, un bar, un restaurant et beaucoup de musique... Le parking n'est pas grandiose mais il fait l'affaire. On nous indique que c'est jour de marché alors on s'y rend. Le marché de Weyto permet de rencontrer des habitants de plusieurs tribus dont les Ari, Bana, Tsemay ou Arboré. Nous ne sommes pas encore familiarisés avec ces ethnies et il est bien difficile pour nous de les nommer. Il est encore plus difficile de les aborder ou de les photographier. Par contre, avec les enfants, pas de problèmes pour les contacts. Ils sont après nous sans arrêt, même le long des routes, faisant la danse du crapaud et nous réclamant de l'argent ou n'importe quoi d'autre. On se déplace au rythme des "money, money" et "youyou". Il y a aussi ceux qui sont prêts à nous lancer quelques pierres. Avec ceux-ci, Jean a le bon réflex, il s'arrête devant eux et les regarde ; les gosses reposent aussitôt leur caillou en faisant mine de s'excuser. 

De Weyto à Turmi en passant par Key Afer

La vallée de la rivière Omo, très isolée au sud-ouest du pays, est habitée par 16 tribus différentes. Au sud, vivent les Hamer, une tribu très particulière dans son mode de vie et dans son apparence. Pour les rencontrer, nous prenons la direction du village de Turmi en direction du lac Turkana près des frontières kenyane et sud-soudanaise. Notre guide Petit Futé (qui justement ne l'est pas trop ...futé) nous indiquait une nouvelle route asphaltée jusqu'à Turmi. En réalité, à partir de Key Afer, la fameuse route qui a bien des trous se transforme en piste qui, elle aussi, n'est pas très reposante. Nous arrivons à Turmi vers midi et alors que nous sommes attablés pour déjeuner, un guide nous aborde pour nous proposer d'aller voir une cérémonie traditionnelle hamer, le oukouli ou "Bull Jumping".

En route vers un village Hamer

Nous embarquons donc le guide avec nous et nous suivons ses indications pour rejoindre un village totalement isolé à 37 km de Turmi. Le Bull Jumping célèbre le passage de l'adolescent vers l'âge adulte. Il réunit le clan mais aussi les autres membres de la communauté hamer. Cette cérémonie se déroule en plusieurs phases. Tout d'abord, les femmes de la famille de l'adolescent se font flageller pour témoigner du courage de leur clan. Nous n'assistons pas à cette flagellation mais nous en voyons les stigmates sur le dos des femmes ; de larges cicatrices ouvertes et sanguinolentes. Aïe ! Ça fait mal. 

Cérémonie de l'oukouli (Bull Jumping) dans un village hamer - région de Turmi

Ensuite, il y a une "séance de maquillage" puis tout le monde monte sur une colline. Les femmes dansent en jouant de la trompette et agitant les grelots qu'elles ont à leurs chevilles tandis que les hommes regroupent le troupeau. Lorsque l'adolescent est prêt, on aligne quelques bœufs sur lequel il doit monter debout en faisant 2 allers-retours. S'il y parvient, il aura réussi son initiation, sinon... Aujourd'hui, ce sera un succès.

Nous ne sommes pas les seuls touristes à assister à la cérémonie. Si celle-ci n'est pas du tout une cérémonie factice (les blessures des femmes en attestent), c'est aussi une attraction touristique. Cependant, l'accueil de la population est très sympa et une fois que débutent les chants et les danses, nous ne comptons plus.

Les Hamer sont un peuple très particulier. Dans leur apparence tout d'abord. Les femmes ont la peau recouverte de beurre et de terre de la tête au pied à la manière des femmes Himba en Namibie. Elles portent, comme ces dernières, des jupes en peau. Lorsque nous les croisons dans leur village ou sur la route, elles ont les seins nus mais recouverts de nombreux colliers alors qu'à Turmi, elles portent le plus souvent un tee-shirt. Les hommes, eux, ont des pagnes très courts et, sur la tête, des coiffes faites de bijoux ou de plumes. Dans leur mode de vie aussi, les Hamer sont très différents. Ils vivent dans une région très chaude et sèche et disposent de très peu d'eau. Ils cultivent donc très peu voir pas du tout. Leur seul bien est leur bétail. Ils ne se nourrissent principalement que de lait et de sang. On se demande comment il est possible de vivre dans des conditions aussi rudimentaires, dans une région où, en plus, sévit la malaria.

Femmes Hamer - Turmi

De retour à Turmi, nous passons la nuit au Kakse River Lodge, un camp rudimentaire mais assez joli. Nous y arrivons in extremis avant la nuit ; refaire 37 km par une piste sablonneuse puis caillouteuse, cela prend du temps et la cérémonie s'est terminée assez tard. Le lendemain matin, avant de repartir, nous faisons le tour du village où nous avons l'agréable surprise de trouver une boulangerie avec du pain tout droit sorti du four, un vrai délice. Nous parcourons également le marché où les habitants des villages alentours viennent vendre ou acheter des marchandises. Depuis hier, sur le bord du chemin, nous croisons de nombreux Hamer, souvent chargés de bois, se rendant à pied sur ce marché. Sur place, comme à Weyto, il est bien difficile de communiquer avec eux. Ici, si vous voulez prendre une photo, il faut donner quelque chose à la personne et cela nous met mal à l'aise. 

De Turmi à Weyto en passant par la Réserve Stéphanie

Pour quitter Turmi, nous avons décidé, sur les conseils de chauffeurs rencontrés au camping, de prendre la piste qui passe par la Réserve Stephanie et rejoint la route asphaltée à Weyto. Hier, nous l'avions suivie sur une vingtaine de km pour nous rendre au Bull Jumping et elle était très bonne, bien meilleure que celle que nous avions prise pour venir. Seulement, une bonne piste pendant 20 km ça ne signifie pas qu'elle soit bonne partout et effectivement il y a quelques passages très difficiles notamment au moment de redescendre en altitude où il faut franchir des éboulis. Nous regrettons presque notre choix d'autant qu'il faut supporter, en plus, une température proche de 45°C. Notre seule consolation est que le paysage est magnifique. 

Jinka 

Arrivés à Weyto, nous pensions faire le plein de diesel mais malheureusement, la station-service est fermée (sans doute définitivement). Pour trouver du carburant, nous allons jusqu'à Jinka, la ville la plus importante de la vallée. Nous nous installons à l'Eyob Hotel conseillé par des voyageurs français, Luc et Carole, rencontrés à Nairobi. Jinka, contrairement aux villages que nous avons traversés ces 2 derniers jours, est une ville plutôt moderne. Nous pouvons y acheter quelques provisions au marché et dans une petite épicerie et goûter à la cuisine éthiopienne dans un des nombreux restos de la rue principale. Nous allons également visiter l'intéressant Centre de Recherche du Sud Omo qui expose les travaux d'ethnologues allemands ayant étudié les tribus de la vallée pendant une trentaine d'année.

Marché de Jinka

Petit resto - Jinka

South Omo Research Center - Jinka

Sur place, nous réservons une visite dans un village mursi, une ethnie vivant à l'ouest de Jinka dans la zone recouvrant les parcs nationaux Mago et Omo. Les Mursi sont, comme les Hamer, un peuple très particulier mais leur mode de vie et leur apparence sont différents. Chez les Mursi, par exemple, les femmes portent des labrets, de petits plateaux de terre, insérés dans leurs lobes et leur lèvre. 

Mago National Park

En début de matinée, nous partons avec notre guide et un groupe de 4 touristes, chacun dans son véhicule, pour un village mursi situé à une cinquantaine de kilomètres de Jinka. La piste est bonne et les paysages toujours très beaux. Arrivés au village, il semble que nous soyons attendus. Contrairement à notre rencontre avec les Hamer au cours de la cérémonie du Bull Jumping, ici, nous nous sentons comme des intrus. Nous avions longtemps hésité à faire cette visite et nous le regrettons même si notre guide, très amical avec les villageois, essaye de mettre tout le monde à l'aise. Comment est perçu notre visite qui succède à d'autres car ici, c'est le paradis des ethnologues, des reporters, des touristes qui veulent tous observer cette population si typique. Notre curiosité nous pousse à faire un peu n'importe quoi, que l'on soit touriste ou scientifique. Chacun pensant avoir une bonne raison de le faire.

Village mursi - Sud Omo

Au retour, nous discutons entre nous de cette visite qui comporte beaucoup d'aspects négatifs mais qui, cependant, nous a fait rencontrer un peuple extraordinaire. Et si son mode de vie est à des années-lumière du nôtre, il reste que les rapports que nous avons eu, même superficiels, étaient les mêmes que nous aurions eu avec d'autres populations. Les Mursi font preuve de beaucoup d'humour et de fierté. Par exemple, même s'ils jouent le jeu, ils n'acceptent pas tout ce que demande le guide pour faire plaisir aux touristes et c'est tant mieux.   

On quitte la Vallée de l'Omo

Après 3 jours passés à Jinka, nous reprenons la route en sens inverse et nous arrêtons à Key Afer. Autre village et autres ethnies, cette fois, ce sont les Bana et Tsmay qui peuplent la région et que l'on retrouve au marché du jeudi. En général, les marchés battent leur plein après midi donc, quand on a fini la visite, il est presque trop tard pour prendre la route. C'est pourquoi nous restons à Key Afer jusqu'au lendemain dans le jardin d'un petit lodge, le Zarzi Hotel. Dans le village, nous achetons des samossas de lentilles très frais et très bons qui font un bon déjeuner. La nourriture éthiopienne, très variée, est pleine de bonnes surprises.

Sur la route d'Addis Abeba

Key Afer est notre dernière étape dans la Vallée de l'Omo. Nous reprenons la route, retraversons Konso, puis prenons la direction d'Arba Minch, une assez jolie ville qui surplombent les lacs Abaya et Chamo. Nous avons d'ailleurs une vue splendide sur ces 2 lacs depuis l'hôtel Bekele Molla où nous nous arrêtons pour passer la nuit. Nous sommes maintenant dans la Vallée du Rift que nous allons suivre jusqu'à Addis Abeba, la capitale. La vallée est parsemée de volcans et de lacs mais, comme depuis le début de notre parcours en Ethiopie, il est difficile de trouver des endroits agréables où dormir. Les lodges qui nous accueillent sont souvent minables et les bivouacs sauvages sont pratiquement impossibles à cause de la population qui, bien qu'amicale, est envahissante et très demandeuse. On ne peut s'arrêter quelques minutes en bord de route sans être assiégés par des enfants et même des adultes qui réclament quelque chose. Donc peu de pauses repas en bord de route et pas de nuits en pleine nature et c'est dommage car il y a partout des endroits magnifiques. Cependant, la pression s'allège sur les routes moins fréquentées comme celles entre Sodo et Awasa ou celle entre Ziway et Butajira qui nous permet d'aller voir les stèles funéraires de Tiya vieilles de plusieurs siècles. A noter que ces 2 routes sont asphaltées et en parfait état contrairement à la route principale qui mène directement à Addis qui est aussi asphaltée mais en mauvais état.

Visite d'Addis Abeba

On avait prévu d'arriver 2 jours plus tard à Addis Abeba mais à cause du manque d'endroits agréables où séjourner en route, nous nous retrouvons dans la capitale plus rapidement. A part un arrêt d'une nuit au Karkaro Beach Resort au bord du lac Langano, on ne s'arrête pas. A Addis, là aussi, le choix des bivouacs est restreint. Après nous être arrêtés au Wim's Holland recommandé par plusieurs voyageurs et marché sur le sol jonché d'os rongés par les chiens dans un bout de jardin coincé entre des murs, nous fuyons et nous nous réfugions au Taitu Hotel que Luc et Carole nous avait encore conseillé. C'est un hôtel plein de charme, le plus vieux de la capitale, avec ce que cela comporte d'avantages et d'inconvénients ! Entre autre avantage, nous sommes dans Piazza, un quartier central très animé. A pied, nous pouvons rejoindre l'ambassade du Soudan pour déposer et récupérer notre demande de visa qui nous est accordée en 24h. La ville d'Addis est assez agréable. On s'y balade à pied sans problème ; s'y déplacer en camping-car n'étant pas forcément la meilleure solution car, la circulation est assez dense et en plus, il est très difficile de se garer. Nous visitons le musée national qui expose, entre autre, une copie du squelette de Lucy qui fut, un temps, le plus vieux squelette humain jamais découvert (3.2M d'années). Depuis, d'autres, beaucoup plus vieux ont été découverts dans d'autres pays d'Afrique, dont un de 7M d'années. Cependant, Lucy, découverte dans la région des Afar, reste le symbole de l'Ethiopie "berceau de l'humanité". 

Shaheen, notre 3ème petit-fils

3.2 Millions d'années après Lucy, ce 8 octobre, Shaheen, notre 3ème petit-fils, vient de voir le jour. Bienvenue à ce petit bout ‘choux  qui s'est fait attendre. 

Sur les hauts plateaux entre Debre Birhan et Debre Sina

Après 4 nuits passées à l'hôtel Taitu, on quitte Addis. Dans le quartier de Bole, on s'arrête dans un centre commercial, le Century Mall, qui dispose de 160 boutiques modernes et, oh miracle, d'un supermarché Shoa où on trouve de la nourriture occidentale dont des yaourts, du fromage "made in Ethiopie", des conserves, etc... C'est le premier supermarché de ce type que l'on trouve dans le pays et sans doute le dernier. Après avoir fait nos courses, on prend la route en direction de Debre Birhan. On emprunte la route 1 qui, si elle n'est pas en parfait état, traverse de beaux paysages. On monte à 3000m d'altitude. On profite d'un endroit tranquille en bord de route pour faire une pause déjeuner. C'est presque inespéré de trouver un tel endroit. On se dit que cela pourrait faire un bivouac et on décide d'y rester jusqu'à ce que 4 jeunes débarquent et commencent à nous "harceler". Il est hors de question de les affronter alors on s'en va et, comme d'habitude, on choisit de dormir dans la cour d'un hôtel. Cette fois, le Helen Hotel à Debre Birhan. Beaucoup de voyageurs ont été malmenés par les Ethiopiens lors de leur traversée du pays, surtout les motards, cyclistes, et marcheurs qui, eux, n'ont pas la chance d'être à l'abri dans un véhicule comme le nôtre. Il est impossible de s'arrêter quelque part sans qu'on ne nous demande quelque chose. Si la plupart des Ethiopiens sont très sympas, certains sont casse-pieds et veulent profiter de nous. Comme nous ne voulons pas que ceux-ci nous malmènent et qu'ils gâchent la bonne image que nous avons de tous les autres, nous avons choisi de les éviter. Pour cela, dormir dans les cours d'hôtels, même si les endroits sont payants et pas très reluisants, nous semble la bonne solution. Manger dans les petits restos de bord de route est aussi plus reposant que de se cloîtrer dans son camping-car et avaler son déjeuner en 4ème vitesse tandis que les enfants nous regardent manger. Il faut s'adapter au pays. L'Ethiopie est un pays dont une grande partie de la population est très pauvre. Si nous subissons la mendicité, nous la comprenons et sommes même étonnés de ne pas y avoir été confrontés plus tôt dans les autres pays.

Babouins Gélada - Col du Termaber

Comme nous sommes seulement jeudi et que nous nous sommes fixés de faire les marché de Sanbete et de Bati qui ont lieu respectivement le dimanche et le lundi, nous ralentissons un peu le rythme et faisons une pause de deux jours à Debre Birhan puis une autre d'une journée à Shoa Robit au Kalid Hotel. De Debre Birhan à Shoa Robit, la route est splendide. Culminant à 3200m d'altitude, elle offre des vues vertigineuses sur le pays Afar. Au col de Termaber, alors que nous sortons d'un tunnel, nous sommes surpris par des babouins Gélada qui se régalent de la nourriture que leur jettent les passagers des bus. A 3200m, il fait froid mais, une fois arrivés à Shoa Robit, 2000m plus bas, il fait très chaud et, pour une fois, nous sommes contents d'être dans un hôtel et de profiter du confort d'une chambre.

De Shoa Robit à Kombolcha

Depuis que nous avons passé Addis Abeba, la population ou plutôt les populations changent. Nous quittons peu à peu l'Afrique Noire pour une autre Afrique d'avantage métissée et influencée par le Moyen-Orient.

Pause-café

Petits en-cas - Bati

En route, le lendemain, on traverse Sanbete sans s'arrêter au marché. Il faut dire que l'animation est partout sur la route, dans les villages traversés et, aujourd'hui, le marché nous semble de trop. On verra celui de Bati demain. En attendant, on dort dans la ville de Kombolcha, dans la cour du Double Tree Hotel, à une trentaine de kilomètre de la petite route menant à Bati. Comme la plupart des villes éthiopiennes, Kombolcha compte plus de 100'000 habitants. Il n'y a pas de petites villes en Ethiopie !

Marché de Bati 

Le lendemain, après une heure de route, nous arrivons à Bati. Nous sommes surpris d'y être plusieurs fois apostrophés en français. L'explication est que nous ne sommes pas très loin de Djibouti et qu'il y a pas mal de Djiboutiens de passage ou même installés dans la ville. Avant de faire la visite du marché, nous prenons le temps de boire un bon café éthiopien dans le stand de rue devant lequel nous sommes garés. En plus de faire une pause, cela nous permet de faire connaissance avec les femmes qui s'occupent des échoppes et de leur confier, l'air de rien, le véhicule à surveiller. Le marché de Bati est fréquenté par les populations Oromo, Amhara et Afar et c'est là le principal attrait pour nous car en dehors des gens, ce qui y est proposé à la vente n'est que pacotille, ustensiles usuels à la vie quotidienne ou bétail. Partout, les gens sont charmants. Contrairement à ce que nous ont habitués les Ethiopiens, ici, personne ne réclame ou ne mendie même lorsque nous prenons des photos. Un vendeur de parapluies insiste même pour nous prendre en photos avec un de ses articles. Après midi, alors que le marché bat son plein, nous refaisons la route en sens inverse, retraversons Kombolcha et nous arrêtons à Dessié sur le parking du Awash Greenland Hotel (zéro pointé !) pour y passer la nuit.

Le long de la piste Dib - Lalibela 

Le jour suivant, nous prenons la route pour Lalibela, la "nouvelle Jérusalem" où sont édifiés des sanctuaires chrétiens datant des XIIème et XIIIème siècles. De Dessié à Weldiya, on continue de suivre la route 1 puis nous nous dirigeons vers l'ouest pendant une cinquantaine de kilomètres en suivant la "Route Chinoise", une route asphaltée complétement défoncée. Arrivés au village de Dilb, à 3200 mètres d'altitude, on bifurque à droite pour prendre une piste sur environ 60 km. La piste, à fort dénivelé, nécessite un véhicule avec une bonne garde au sol afin de franchir les nombreux gués qui, au moment de notre passage, sont heureusement à sec. Il nous faut plus de 4h pour rejoindre Lalibela depuis Weldiya. Arrivés sur place, nous avons la chance de trouver, une fois n'est pas coutume, un joli lodge, le Tukul Village.

Eglises de Lalibela 

Les 11 églises monolithes de Lalibela sont réparties en 2 groupes, nord et sud. Nous visitons celles du nord durant la première matinée et celles du sud le lendemain matin. Comme leur sommet affleure le sol, nous devons suivre des canaux ou des tunnels pour accéder à leur entrée ce qui, en plus de l'aspect culturel et religieux de ces édifices, est assez distrayant. La plus intéressante des églises est sans doute celle dédiée à Saint Georges en forme de croix. Comme nous ne sommes ni en période de fête ni en période de pèlerinage, on ne sent pas de ferveur religieuse particulière. C'est d'avantage l'aspect touristique qui ressort de ces visites. Cependant, même si Lalibela est très touristique, les enfants et les guides improvisés ne sont ni envahissants ni casse-pieds ce qui nous permet de faire toutes les visites seuls à notre rythme. Dans la journée, nous croisons un couple de voyageurs français, Tati et Denis, qui vient d'arriver de Djibouti avec un 4x4 Toyota Hilux équipé. Nous nous donnons rendez-vous le soir pour dîner et échanger quelques infos. Tati et Denis font un tour en Ethiopie puis ils descendront jusqu'en Afrique du Sud pour rentrer en France dans 6 mois.

Beta Ghiorghis - Lalibela

Eglises de Lalibela 

Eglises de Lalibela 

Nous partons randonner le troisième jour au-dessus de Lalibela en direction de l'église d'Asheten Mariam que nous ne visitons pas car le prix nous parait un peu excessif. De toute façon, ce que nous voulions, c'était surtout faire une balade dans ces magnifiques montagnes qui dominent la ville et nous ne le regrettons pas. Partis de Lalibela à 2400 mètres d'altitude, la montée est assez rude jusqu'au sommet à 3000 mètres et nous sommes contents de faire un peu d'exercice physique.

Balade à Lalibela

Au moment de quitter Lalibela, nous ne savons plus quelle route prendre. Pour rejoindre Mékélé, au nord, nous avons 3 solutions, soit reprendre la même route qu'à l'aller, soit choisir une autre piste passant par Geshena puis Weldiya, soit prendre la route la plus directe par Sekota au nord. On a beau se renseigner auprès de chauffeurs, aucun ne sait nous dire quelle est la meilleure option. Finalement, on se décide à reprendre la même route que pour venir. Elle n'est pas bonne mais au moins, on n'aura pas de surprises.

D'Alamata à Mékélé 

On arrive à Weldya pour la pause déjeuner. On roule ensuite tout l'après-midi avant de terminer la journée à Alamata, dans la cour du Meaza Hotel. On avait déjà fait connaissance avec les muezzins musulmans et leurs appels à la prière mais, cette nuit, à Alamata, c'est un infatigable chanteur de l'église orthodoxe voisine qui nous a tenus éveillés. Les 2 religions doivent s'envoyer des défis par "chanteurs" interposés ! Au lever du jour, on est contents de quitter la ville et de rejoindre enfin Mékélé.

Mékélé, capitale de la région du Tigré

Mékélé, capitale de la région du Tigré, est une ville de 300'000 habitants en pleine expansion grâce à l'industrie textile qui s'y développe. Nous y trouvons un hôtel en centre-ville, le Kaleb Pension, qui dispose d'un parking accessible aux grands véhicules. Dans la matinée, nous réservons une excursion dans le désert du Danakil auprès de l'agence Ethio Travel Tour. Nous partirons demain matin en compagnie de 5 véhicules emmenant des touristes.

Désert du Danakil

A 10h le lendemain matin, nous quittons Mékélé en direction du désert du Danakil. Nous n'avons pas l'habitude de suivre un guide et de voyager en groupe alors il y a une petite discipline à laquelle nous devons nous adapter. Heureusement, les chauffeurs ainsi que les touristes qui nous accompagnent sont très sympas. Il y a, avec nous, des Japonais, des Allemands, un Thaïlandais, des Israeliens et des Français vivant à Addis Abeba, Alexis et Clément. 

Transport du sel - Désert du Danakil 

Nous entrons dans le désert du Danakil en milieu d'après-midi après avoir perdu 2400 mètres d'altitude. Les paysages deviennent de plus en plus secs et rocailleux à mesure que nous descendons. La température, quant à elle, monte jusqu'à 43°C et un vent chaud nous sèche la gorge. Sur la route (asphaltée et en parfait état), nous croisons les caravanes de dromadaires transportant du sel et conduites par des Afars. Les Afars, de confession musulmane, appartiennent à une ethnie présente non seulement dans cette partie de l'Ethiopie mais aussi en Erythrée et à Djibouti, 2 pays dont la frontière est très proche ; l'Erythrée étant à une trentaine de kilomètres d'Hamedela, le village où nous installons le camp pour la nuit.

Baignade, apéritif et bivouac - Lac Assal et désert du Danakil 

Mais avant de dormir, nous prenons le chemin du lac salé Assal situé à 135 mètres en-dessous du niveau de la mer. Nous roulons pendant quelques kilomètres sur une piste rocailleuse avant d'atteindre le lac qui, oh surprise, n'est pas asséché comme nous le pensions mais recouvert de quelques centimètres d'eau. On s'arrête après avoir roulé 5 minutes jusqu'à un trou d'eau où nous pouvons nous baigner. L'eau y est non seulement chaude mais surtout très salée, tellement salée que nous flottons sans effort et qu'il est impossible de descendre nos pieds au fond de l'eau. Nous assistons ensuite au coucher du soleil sur le lac avant de faire demi-tour pour aller dîner et dormir à Hamedela. Tout le monde dort en plein-air sur des lits en corde sauf nous qui restons dans le camping-car même si la température à l'intérieur atteint 37°C. Jean a bien essayé de passer la nuit à la belle étoile mais après seulement 1 heure dehors, il retrouvait son lit ! 

A l'aube, traversée du lac Assal inondé 

Le lendemain matin, réveil à 3h45, puis petit-déjeuner et départ pour la dépression du Dallol au centre du lac Assal. Cette fois, nous roulons pendant environ 1 heure sur le lac. L'eau est bien plus haute que la veille et nous roulons maintenant dans 20 cm d'eau. Il fait nuit et c'est un peu flippant. On suit la voiture des scouts (des gardes armés qui assurent la sécurité de notre convoi) de près de peur de tomber dans un trou. On arrive enfin au pied d'une île où l'on stoppe les véhicules pour partir à pied. Il est environ 6h et bien qu'il fasse seulement 31°C, on sue abondamment car l'air est très humide. Après quelques minutes de marche, on atteint les fameuses sources sulfureuses du Dallol et on en prend plein les yeux, du jaune, du vert, de l'orangée, les photos parlent d'elles-mêmes. C'est très beau et largement à la hauteur de nos attentes.

Sources sulfureuses du Dallol (-130 mètres)

Nous passons environ 1 ou 2 heures sur place avant de retraverser le lac. De jour, la traversée dans l'eau est tout aussi impressionnante. En général, à la saison sèche, le lac est sec mais, comme la saison humide s'est terminée il n'y a que 3 semaines, il reste de l'eau. En juillet et août, l'eau peut atteindre, paraît-il, 50 cm et personne ne peut traverser le lac ni récolter le sel. Les Afars sont alors contraints de quitter l'endroit et de rejoindre les fermes et les champs du Tigré. 

Lac Assal

Cependant, aujourd'hui, ils sont bien là à travailler comme des forçats avec des pioches et des pieux pour décoller et tailler la croute de sel. Nous assistons à la récolte dans un endroit où le lac est déjà sec. Si le travail est dur, les Afars semblent en retirer une certaine fierté et s'amusent de nous voir les observer. Pour combien de temps pourront-ils encore exercer cette activité assez lucrative avant que les engins mécaniques prennent le dessus ? Déjà, certaines machines sont installées sur le lac ; le sel extrait est transporté par des camions et non des dromadaires et revendu à Mékélé, 75% du prix de celui récolté par les Afars... 

Afars récoltant le sel - Lac Assal

Nous reprenons la route pour revenir en milieu d'après-midi à Mékélé. Un des chauffeurs du groupe nous indique un endroit où laver notre véhicule qui est en croute-de-sel. Lavage intérieur-extérieur, graissage durant 2 heures durant et le camping-car est presque comme neuf !

A Mékélé, un lavage s'impose ! 

Alors que nous avons pris une journée de repos à Mékélé, nous recevons un appel de Clément et Alexis qui nous proposent de les rejoindre, eux et leurs petites familles réunies, le lendemain à Megab pour visiter ensemble quelques-unes des églises rupestres du Tigré, Abuna Yemata, Mariam Korkor et Abuna Daniel.

Visite d'Abuna Yemata - Megab

Le jour suivant, avant d'aller faire la visite de l'église d'Abuna Yemata, nous nous retrouvons tous, Alexis, Sandrine et leurs 3 enfants, Clément, Marie et leur petit garçon autour d'une table au Korkor Lodge, un endroit luxueux où le propriétaire, un Genevois, nous offre le camping sur sa piste d'atterrissage d'hélicoptères (le prix du repas dépassant largement le prix habituel d'un de nos bivouacs mais l'endroit le méritant). En début d'après-midi, le chauffeur et le guide de nos amis nous emmènent au pied du piton rocheux où se trouve l'église. Les plus petits restent en bas avec Sandrine car pour rejoindre l'église, il y a une marche de 500 mètres de dénivelé dont une partie d'escalade qui n'est pas faisable avec des très jeunes enfants. Même pour nous adultes, c'est assez impressionnant. Heureusement, pour la partie la plus périlleuse, nous sommes encordés. Arrivés en haut du piton rocheux, il reste quelques mètres à parcourir au-dessus du vide pour arriver à l'entrée de l'église d'Abuna Yemata. Cette église troglodyte, dédié à Yemata, l'un des 9 saints syriens missionnaires à l'origine de la chrétienté en Ethiopie, date du XIIIème siècle. A l'intérieur, de belles fresques représentent les saints et les apôtres. Une belle visite, aussi intéressante que palpitante.

Mariam Korkor et Abuna Daniel - Megab dans la Chaîne du Gheralta 

Le lendemain matin, nous visitons les 2 églises Abuna Daniel et Mariam Korkor se trouvant non loin d'Abuna Yemata. Cette fois, nous partons sans guide mais avec un scout, un garde armé, pas vraiment nécessaire mais plus ou moins imposé par le vendeur de tickets d'entrée. Il ne nous sert pas à grand-chose mais il est très sympa... Cette fois, la montée, bien qu'assez raide, ne comporte aucune difficulté. Sur place, nous visitons d'abord Abuna Daniel dont les fresques sont un peu ternies par le temps puis Mariam Korkor dont les peintures représentant Marie et l'enfant Jésus, Adam et Eve ou des animaux seraient les plus anciennes d'Ethiopie (XII ou XIIIème siècle). Là encore, une visite intéressante et des points-de-vue sur les montagnes du Gheralta époustouflantes.

Route d'Adigrat à Axoum

A la fin de la balade, nous laissons partir nos amis vers Axoum tandis que nous passons la fin de la journée au Korkor Lodge avant de reprendre la route, nous aussi vers Axoum le lendemain.

Champ de stèles - Axoum

De l'empire axoumite, fondé entre le Ier et le IIIème siècle de notre ère et qui connut son apogée au VIème siècle, demeurent des vestiges tels que des stèles et obélisques sculptées dont certaines dépassent 25 mètres de haut, un ancien palais, Dungur (palais de la reine de Saba), un bassin (piscine de la même reine), une pierre, la pierre du roi Ezana, dont les inscriptions sont en 3 langues, grec, sabéen et guèze et des tombes de 2 rois, celle du roi Kaleb et celle de son fils Gabra Masqal. Après avoir passé la nuit sur le parking de l'hôtel Africa, nous débutons les visites. Tout, à part le palais Dungur que nous visitons en quittant la ville le lendemain, se trouve à proximité du centre-ville. Cela nous permet de nous déplacer à pied ce qui est d'autant plus agréable que la ville d'Axoum est charmante. Il y a comme ailleurs en Ethiopie beaucoup de restaurants et bars et beaucoup d'animation. Il est rare que nous ayons l'occasion de sortie le soir alors pour une fois on en profite. Cependant, alors que nous nous promenons, nous sommes surpris de voir que des militaires surveillent la ville. Nous n'avions pas remarqué de présence militaire spéciale ailleurs. Renseignements pris, nous apprenons qu'un peu partout dans le pays, le premier ministre, Abiy Ahmed, tout nouveau Prix Nobel de la Paix, a envoyé des forces militaires suite à des émeutes ayant eu lieu il y a 2 jours dans la région de l'Oromia et ayant fait plus de 60 morts. L'Ethiopie, avec sa diversité ethnique, n'est pas un pays stable et quand on sait que l'un des accessoires de mode des hommes éthiopiens est la kalachnikov en bandoulière, on pourrait se sentir craintifs et pourtant, tout semblant calme à Axoum, on ne parvient pas à s'inquiéter.  

Stèle et églises orthodoxes - Axoum

Sortie de l'église - Axoum

En visitant les sites historiques d'Axoum, on se rend compte que leurs histoires comportent de nombreux anachronismes. En effet, l'on visite les ruines du palais de la reine de Saba construit entre le IVème et le VIème siècle alors que celle-ci régna au Xème siècle av. JC. Tout cela est bien étrange mais ne semble étonner ni les guides ni les visiteurs. Dans les montagnes du Gheralta déjà, alors que les historiens et chercheurs s'accordent à dire que les églises rupestres ont été construites entre le XII et XVIème siècle, les prêtres, eux, sont persuadés qu'elles datent du début du christianisme en Ethiopie soit du IVème siècle. Les mythes en Ethiopie sont plus forts que les vérités historiques. Et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas croire aussi que l'Arche D'alliance (les Tables de la Loi) emporté par Ménélik 1er, le fils de la reine de Saba et du roi Salomon, est bel et bien enfermé dans l'église Notre-Dame-de-Sion qui jouxte le champ de Stèle d'Axoum ? L'Ethiopie est un pays de mystères...

Délicieuse cuisine éthiopienne !

C'est aussi et surtout un pays de paysages tous plus époustouflants les uns que les autres. Alors que nous quittons Axoum pour rejoindre Gondar, nous traversons les montagnes du Simien qui culminent à plus de 4000 mètres et cette fois encore, on en prend plein les yeux. C'est grandiose ! La route, quant à elle, est bonne jusqu'à 40 km avant Debark puis elle devient piste et monte à plus de 3000 mètres. Alors que la pluie commence à tomber en même temps que la nuit, nous n'avons d'autre choix que de nous arrêter en bord de route pour bivouaquer. Comme il est tard, personne ne vient nous importuner. A cette heure-ci, tout le monde est chez soi. Youpi ! Toute la journée, nous avons roulé aux sons des "youyou" "money" alors ce bivouac est inespéré. 

Montagnes du Siemen

Au réveil, nous prenons le temps d'admirer le magnifique paysage ainsi que la route vertigineuse que nous avons empruntée la veille. Il nous reste encore 12 km à faire avant d'arriver à Debark et avant de retrouver une bonne route. En attendant, la pluie a creusée la piste et c'est au pas que Jean enchaîne les épingles. Passé Debark, nous suivons, pendant 40 km, la route traversant un plateau situé à 2700 mètres d'altitude. Ici, comme partout en Ethiopie, pas une parcelle de terrain qui ne soit cultivée, le tout formant un patchwork de jaune, orange, vert, les couleurs des céréales (sorgho, blé, tef, etc...), principales cultures que l'on trouve en Ethiopie. Comme tout est cultivé, les bêtes, très nombreuses, sont privées de pâturages et se retrouvent le long des routes et même sur les routes et nous accompagnent tout le long de nos trajets. C'est très pittoresque !

Châteaux des empereurs éthiopiens - Gondar

Nous arrivons en milieu de journée à Gondar. Nous parquons notre véhicule dans la cour de la pension Belegez. Ce n'est pas le plus bel hôtel de la ville mais, comme d'habitude, nous dormons dans le camping-car et, côté pratique, nous sommes à 2 pas de la cité fortifiée qui comprends plusieurs palais datant du XVII et XVIIIème siècles dont celui du roi Facilidas qui établit la capitale de l'empire à Gondar en 1635. Nous sommes aussi à moins de 2 km de l'autre site historique à visiter, les Bains du roi Facilidas où nous nous rendons également à pied. L'Afrique ne nous avait pas habitués à voir de tels monuments et nous sommes agréablement surpris de découvrir cette forteresse et ses châteaux.

"Money, money" 

Après avoir passé 2 jours à Gondar, nous prenons la direction du lac Tana et du lodge de "Kim and Tim" situé sur ses berges. Nous savions que le lodge risquait d'être fermé mais nous faisons quand même le détour ;  on ne sait jamais. Sur place, les employés nous confirment qu'ils n'accueillent aucun visiteur alors on fait demi-tour et on repart en direction de Gondar puis de la frontière soudanaise. Finalement, nous ne ferons pas de farniente au bord du lac et passerons la frontière avec quelques jours d'avance. Aujourd'hui, comme les autres jours, les enfants ne nous ont pas oubliés et nos oreilles, au moment de nous endormir sur un petit parking d'un hôtel de Metema, résonnent encore des "youyou", "money". C'est l'Ethiopie et c'est unique ! 



Incroyable Ethiopie !

L'Ethiopie est un pays extraordinaire, incomparable aux autres pays traversés durant ce voyage en Afrique. Plus de 100 millions de personnes, 80 ethnies qui en font un pays à la fois multiple et unique, 2 religions très marquées, le Christianisme Orthodoxe et l'Islam, des paysages aussi beaux et divers que les Hauts Plateaux culminants à plus de 4000 mètres ou le Désert du Danakil situé au-dessous du niveau de la mer, des traces de civilisations vieilles de plus de 1000 ans, des monuments cachés dans des endroits improbables, des villes qui poussent comme des champignons avec des usines et des immeubles tandis que dans les campagnes, les paysans vivent encore dans des baraques en bois et en torchis et labourent leurs champs avec des bœufs, une nourriture variée et délicieuse et enfin des habitants pour la plupart charmants qui se mettent en 4 pour vous satisfaire en cas de besoin. Cependant, visiter l'Ethiopie en camping-car n'est pas toujours facile. Voyager en camping-car signifie que l'on va où l'on veut, que l'on s'arrête où l'on veut pour bivouaquer ou pour rencontrer la population or, en Ethiopie, celle-ci est très demandeuse, pas seulement curieuse ou envahissante mais vraiment exigeante et malheureusement, nous ne pouvons répondre à ses attentes et devons même la fuir donc peu de bivouacs sauvages et peu de communication et c'est là le seul bémol de notre séjour dans ce pays. 




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