Afrique du Sud
Kruger et le Kwazulu Natal

30.09.2018 / 11.11.2018



Lorsque nous quittons le Swaziland pour entrer en Afrique du Sud en direction de Nelspruit, nous avons l'impression de changer de continent; routes 2x2 voies en parfait état, centres commerciaux luxueux, propreté et état impeccable des infrastructures, grosses berlines allemandes. On n'en revient pas ! Non seulement, ce n'est pas à l'image des autres pays africains que nous avons traversés mais c'est de loin plus moderne et plus soigné que n'importe quel pays d'Europe ou que certaines villes des Etats-Unis. Cela donne une impression de richesse étonnante. Est-ce à l'image de toute l'Afrique du Sud... Nous le découvrirons ces prochaines semaines en parcourant le reste du pays.

Après 4 mois de disette commerciale, on remplit le caddy d'une multitude de bonnes choses dans un des nombreux supermarchés. Ici, on trouve de tout (même du chocolat Frey, pour ceux qui connaissent les magasins suisses Migros). Cette abondance de biens et de nourriture n'est pas sans conséquence sur la population qui est souvent en surpoids. Ça aussi, c'est très inhabituel en Afrique.


Nelspruit


Nous avons choisi de nous arrêter à Nelspruit car c'est proche du grand parc national Kruger que nous visiterons bientôt et parce que nous nous y sommes fait envoyer un nouvel appareil photos, par DHL; le nôtre étant défectueux depuis pratiquement notre arrivée en Afrique. Nous avons profité de ce changement d'appareil pour prendre également un téléobjectif 600 mm; dans les parcs animaliers, nous étions souvent déçus par la qualité des photos prises de loin avec notre appareil photos bridge. Notre colis est arrivé depuis une semaine en Afrique du Sud mais il est bloqué en douane à l'aéroport de Johannesburg. En effet, pour ne pas payer de taxe d'importation, nous devons prouver que nous sommes touristes en transit. La preuve étant fournie par le tampon du visa que nous venons d'obtenir à la douane de Jeppe's Reef. Une fois la copie du visa envoyé, il nous reste à attendre le dédouanement et le transfert du matériel vers Nelspruit.


Pour nous occuper, nous décidons de faire un petit tour au parc national Kruger (incl. Wild Card). Nous avons d'ores et déjà planifié un séjour de 12 jours dans le parc la semaine prochaine mais nous nous ennuyons à Nelspruit et sommes impatients de découvrir ce parc, l'un des plus grands (20'000 km2) et des plus beaux parcs animaliers du monde. Pour cette première découverte du parc, nous montons en direction d'Hasyview pour franchir la porte de Numbi dans la partie sud-ouest du parc.

A peine entrés dans le parc, nous tombons nez à nez avec des buffles. Puis, nous suivons des éléphants et des girafes qui nous dirigent vers le point d'eau de Shitlhave. Ils ont rendez-vous avec d'autres animaux, zèbres, cobs, koudous, impalas, phacochères. Un peu plus loin et un peu plus tard dans la matinée, à Transport Dam, un barrage, ce sont plusieurs dizaines d'éléphants, des hippos, des crocos que nous surprenons en train de se baigner. Nous restons longtemps sur place pour apprécier le spectacle. Est-ce parce que la journée est si chaude (il fait plus 39°C) que les animaux accourent vers les points d'eau ? En continuant notre route vers le camp de Skukuza, nous apercevons un attroupement de véhicules. Un conducteur nous indique un léopard au loin. Caché par les herbes hautes, nous ne distinguons que sa tête; c'est notre premier léopard. Encore un peu plus loin, nous croisons des rhinocéros blancs. Jusqu'à présent, nous avons suivi les routes asphaltées du parc mais, pour rejoindre la sortie de Phabeni, nous empruntons une piste, la S3, qui longe la rivière Sabie. C'est l'assurance d'y apercevoir d'avantage d'animaux. Nouvelle concentration de voitures pour nous signaler, cette fois, des lions. 2 lions qui, ce matin, ont tué une girafe et qui commencent à la dévorer. Ils sont à 2 pas de nous. Nous sommes comblés. En quelques heures, nous avons vu la plupart des animaux que nous voulions voir. Ce soir, il y aura environ 300 photos à trier !

Nous avons été tellement gâtés par les animaux que nous en avons presque oublié les paysages qui sont pourtant magnifiques, à la fois très arborés et très secs, avec des collines de granit et de magnifiques rivières.


Nos premiers lions - Kruger national park


Après une nuit passée dans un charmant camping d'Hasyview, nous retournons voir les 2 lions que nous avions vus la veille. La girafe qu'ils ont tuée étant une grosse bête, il leur faudra certainement encore une journée pour s'en rassasier. Nous les retrouvons à la même place ou presque car l'un d'eux se balade maintenant d'un côté à l'autre du sentier passant même devant notre camping-car. Que demander de plus ? Nous n'irons pas plus loin aujourd'hui, les seuls lions nous suffisent. Nous en gardons pour les prochains jours.


Bien gardés ! (Hasyview)


Dans la matinée du lendemain, nous retournons à Nelspruit réceptionner notre nouvel appareil photos puis nous partons en direction du Drakensberg Escarpment et du Blyde River Canyon, le 3ème plus grand canyon du monde. Après avoir emprunté une belle route de montagne, nous faisons halte à Sabie pour la nuit. C'est encore une fois une nuit passée en camping et c'est un crève-cœur car partout, nous aurions pu bivouaquer dans de magnifiques endroits. Sauf qu'en Afrique du Sud, on nous a mis en garde, pour notre sécurité, pas de camping sauvage. Ici, on devient complètement paranos. Les campings sont entourés de 3 rangés de barbelés électrifiés et lorsque nous garons notre camping-car quelque part, nous le faisons garder... Tout ceci nous met un peu sous tension. Est-ce exagéré ? L'avenir nous le dira. En attendant, nous ne ressentons aucun mauvais sentiment de la part de la population, bien au contraire, Blancs et Noirs sont tout autant accueillants et amicaux. 


Route panoramique culminant à 2150 m entre Sabie et Lydenburg


La route du jour suivant nous conduit à 2150 m d'altitude entre Sabie et Lydenberg avant de redescendre vers Pilgrim's Rest un petit village restituant la vie à l'époque de la ruée vers l'or. C'est un endroit sans intérêt si ce n'est qu'aujourd'hui, s'y déroule le championnat national de chercheurs d'or. Nous assistons à la compétition. Il s'agit de retrouver des paillettes d'or dans un bassin le plus rapidement possible.


Championnat national de chercheurs d'or - Pilgrim's Rest


Nous campons le soir à Graskop, endroit agréable et touristique avec une très belle vue sur le Drakensberg Escarpment. A partir de Graskop débute ensuite une belle route panoramique parsemée de points de vue plus ou moins intéressants. Nous retiendrons les Berlin Falls ainsi que la vue sur la rivière Blyde et son barrage depuis The Three Rondavels tandis que Pinnacle, Wonder View, God's Window et Bourke's Luck Potholes ne valent pas le détour. Ce qui était amusant tout de même sur ces sites c'est qu'il y avait un monde fou, des citadins en week-end, et que l'ambiance y était vraiment festive. Finalement, on a d'avantage observé les Sud-Africains en balade que les paysages. 


Berlin Falls - Blyde River Canyon

Blydepoort dam

Week-end touristique à Bourke's Luck Potholes


Dans la même journée, nous faisons l'aller et le retour le long des 2 rives de la Blyde pour arriver tard le soir à Hasyview.


Blyde River Canyon

Après avoir beaucoup roulé, nous restons une journée sur place car demain, nous débutons la visite de Kruger qui, pendant presque 2 semaines, risque d'être intense. Même si nous n'avons pas prévu de traverser entièrement le parc du sud au nord (350 km), nous ferons certainement pas mal de détours par des pistes et points de vue ce qui devrait nous faire conduire encore d'avantage.

Craignant de ne plus avoir de place dans les campings en arrivant, nous avons réservés toutes les nuitées dans le parc, par Internet, il y a 2 mois (même plusieurs semaines à l'avance, il ne restait plus beaucoup de disponibilités dans les camps les plus populaires du parc). Notre itinéraire est donc plus ou moins défini. 


Nous entrons, ce premier jour, par la porte de Numbi et prenons la direction de Skukuza comme nous l'avions fait la semaine précédente puis nous descendons vers le sud. Aujourd'hui, les points d'eau sont désertés et la faune est bien moins abondante sur notre passage que le premier jour. Nous avons tout de même la chance de croiser 2 autres lions. Nous quittons le parc pour passer la nuit dans un camping situé à quelques kilomètres de l'entrée de Malelane, au sud-ouest du parc.

Le lendemain, nous nous levons à 5h pour être dès l'ouverture dans le parc. Notre 2ème étape nous conduit jusqu'au camp de Crocodile Bridge par des pistes logeant la rivière Crocodile. A peine sommes-nous arrivés dans le parc que nous croisons une meute de lycaons; il y en a une quinzaine sur la route. Eléphants, zèbres, girafes, koudous... les animaux habituels nous accompagnent tout au long de la journée. Dans l'après-midi, nous montons jusqu'au camp de Lower Sabie par la route puis redescendons par la piste à Crocodile Bridge. En cours de route, nous nous arrêtons dans un affût où nous dominons un point d'eau fréquenté par plusieurs éléphants; nous pouvons presque les toucher. Nous restons longtemps sur place oubliant presque que la nuit tombe très vite et que nous devons être au camp avant 18h. D'autant qu'en route, 2 hyènes et 1 guépard nous font perdre un peu de temps, ce qui est plutôt agréable et qu'un vilain bruit provenant du bas du véhicule nous fait ralentir, ce qui est plutôt inquiétant.


Cette nuit, Jean n'a pas dormi; le bruit apparu hier soir sous le camping-car lui ayant coupé le sommeil. Lorsque nous nous levons le matin à 5h, le bruit étant toujours là, nous prenons la décision de sortir du parc pour trouver un garage automobile. Le bruit nous fait penser à un problème de frein. On dramatise et on en vient même à évoquer un problème de transmission. On n'en mène pas large et on commence à se dire que Kruger c'est fini. En plus, à 5h du matin, on ne trouve évidemment pas de garages ouverts et nous devons patienter jusqu'à 7h30 que le mécanicien de Komatipoort que l'on nous a conseillé arrive. 1/2 heure plus tard, cependant, tout est réglé. Le bruit suspect n'était dû qu'à la plaque de protection du pont arrière qui avait bougé et qui frottait sur la colonne de transmission. Il y a des jours où tout pourrait basculer et finalement tout se rétablit. C'est inouï ! 

Nous en sommes quittes pour une bonne frayeur. Nous pouvons retourner dans le parc est en profiter. C'est en plus une très belle journée, très chaude aussi (35°C) où nous apercevons beaucoup d'animaux, des girafes, des gnous, beaucoup d'éléphants, des buffles, des hippos, des rhinos mais aussi 8 lions. D'abord 4 un peu avant Lower Sabie puis 3 et encore 1 le long de la rivière sur la route menant à Skukuza. Nous dormons à Lower Sabie, un des camps les plus prisés car c'est dans ses environs que la faune est la plus riche. Après Lower Sabie, nous faisons successivement étape à Skukuza, Satara, Balule, Lebata (où se trouve un intéressant musée dédié aux éléphants et où l'on peut voir les plus grandes défenses d'éléphants trouvées à Kruger) avant de redescendre à Satara et Skukuza et ressortir par la porte de Phabeni le dernier jour. Les endroits où nous voyons le plus d'animaux sont dans la partie sud et centre du parc, jusqu'à Balule.

Nous voyons beaucoup de lions durant ces 13 journées passées dans le parc; 67 en tout. Souvent par groupes de 2 ou 3; on en croise jusqu'à 20 en une seule journée. Les léopards et les guépards sont un peu plus rares mais nous avons la chance de voir 6 léopards et 1 guépard; ce qui est déjà beaucoup. Les fauves sont assez difficiles à trouver en général. Les voir par soit même est très compliqué quand on n'est pas expert. Il est impératif de se renseigner dans les camps; il existe des panneaux avec des cartes du parc où sont pointés les animaux vus la veille et le jour même. Ils donnent une très bonne indication des endroits à explorer. Souvent aussi, ce sont les autres automobilistes ou les guides qui nous renseignent lorsque nous les croisons. La traque est collective. Nous pouvons voir autant d'animaux sur les routes que sur les pistes. Il n'y a pas vraiment de règle. Nous nous sommes cependant aperçus que la faune est plus nombreuse lorsqu'il fait très chaud.

En 13 jours, nous parcourons 1'700 km ! Nous passons beaucoup de temps dans le véhicule car les kilomètres dans le parc se parcourent à 20 km/h de moyenne. Il nous arrive de partir à 5h30 le matin, surtout durant les journées les plus chaudes mais, ce n'est pas forcément tôt le matin que l'on aperçoit le plus d'animaux. D'autant que plus tard dans la matinée, ceux-ci ont déjà été signalés par d'autres personnes et il est plus facile pour nous de les voir. Si plusieurs voitures sont garées au même endroit en bord de route, c'est l'assurance d'apercevoir un fauve. Encore faut-il être au bon endroit au bon moment car les lions et surtout les léopards ne nous attendent pas toujours.


Kruger national park

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Lorsque nous décollons tôt le matin, on essaye de faire une pause dans la journée. Ce n'est pas toujours facile car il est interdit de descendre de son véhicule hors des espaces aménagés et le parc ne disposent pas de beaucoup d'aires de pique-nique ou de camps pour s'arrêter. Les camps du parc, même s'ils manquent un peu de charme, disposent de tout le confort, boutiques où l'on trouve produits frais et autres, restaurants, cuisines, salles de bain avec douches et baignoires (les Sud-Africains ont l'air d'affectionner les bains; il y a très souvent des baignoires dans les campings) et surtout piscine que nous apprécions beaucoup le temps de la pause lorsque les températures dépassent 35°C. Le temps est assez changeant. Il y a des jours où les températures sont proches de 40°C et des autres où le ciel est couvert, où il bruine et ne fait que 20°C. Chaque jour est différent.

Kruger national park

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Nous avons été très gâtés par Kruger où nous avons vu la plupart des animaux emblématiques du parc dont les "Big Fives" (les 5 grands ou les 5 plus dangereux), le lion, l'éléphant, le rhinocéros noir et blanc, le léopard et le buffle. Nous y avons passé beaucoup de temps mais cela en valait la peine. Chaque jour, les situations dans lesquelles nous apercevions les animaux étaient différentes. Les animaux peuvent dormir, manger, se baigner, être en chasse ou être en rut. Ils sont seuls ou en groupe. Un jour, 2 ou 3 éléphants traversent devant votre véhicule tandis qu'un autre jour, ce sont des centaines qui franchissent la rivière Sabie. Chaque jour est différent et si, un jour, on a l'impression de ne pas voir grand-chose, on se réjouit le lendemain d'en voir autant.


En compagnie de Virgil - Kruger national park

A Kruger, nous avons rencontré Virgil. A tous ceux qui se donnent plein de raisons pour ne pas partir ou pour ne pas réaliser leur rêve, Virgil devrait être une inspiration. A bord de son camping-car et aidés par 2 accompagnateurs, il a déjà visité les USA. Aujourd'hui, avec le même véhicule, il parcours l'Afrique du Sud et en 2020, il projette d'aller au Mexique. Virgil est tétraplégique mais il a des ailes... et nous ça nous épate !




Après être sortis de Kruger, nous passons 2 jours dans notre camping habituel d'Hasyview.


Braai ou BBQ, une spécialité sud-africaine - camping Kiaat d'Hasyview

Route de montagne - Baberton

Pongolapoort Dam - Josini



Puis, en 2 jours, nous parcourons 600 km pour rejoindre Tembe Elephant Park situé au nord de l'état du Kwazulu Natal et en bordure du Mozambique. Les routes, longeant le Swaziland, sont impeccables et peu empruntées. Ce sont des routes de montagnes à plus de 1000 mètres d'altitude qui traversent de grandes exploitations forestières. Nous apprécions les paysages et la tranquillité que nous avions perdus depuis notre arrivée à Nelspruit. Les villes ou plutôt les villages sont plus clairsemés et l'on retrouve les cases au toit de chaume et les petites bicoques de bord de route des campagnes swazi. Les kilomètres se font rapidement si bien qu'on en profite pour faire un détour par Baberton, une ancienne ville de la ruée vers l'or. Baberton n'a pas beaucoup d'intérêt pour nous sinon de nous confirmer que tout n'est pas clinquant en Afrique du Sud; on s'en doutait un peu. On fait aussi une halte à Piet Retief, une petite ville le long de la N2, afin de faire remplir notre bouteille de gaz.


La nation Arc-en-Ciel - Vygeboom Dam

Ecoliers - Pongolapoort Dam Josini



En chemin, nous bivouaquons au bord du lac artificiel de Vygeboom. Première nuit hors camping depuis notre arrivée en Afrique du Sud. L'emplacement semble sûr puisqu'il a déjà été utilisé par plusieurs voyageurs avant nous. Nous ne courrons donc aucun risque. 


Le long de la N2 - Pongola


Par contre, la nuit suivante, avant d'entrer dans le parc Tembe Elephant, nous dormons au camping. Impossible de trouver un autre endroit.


Tembe Elephant Park

Le parc Tembe Elephant (non incl. Wild Card) comptent environ 200 éléphants qui sont, parait-il, les plus grands du monde. Y sont également présents les 4 autres big five : lion, léopard, buffle et rhino.
Nous étions donc venus voir ces plus grands éléphants du monde et nous les avons bien vus. Même d'un peu trop près à mon goût lorsque nous nous sommes engagés sur une piste où une vingtaine d'entre eux nous ont barré le passage et obligés à reculer sur plus de 200 m. Il parait que pour qu'un éléphant s'en aille, il faut avancer vers lui et non reculer mais, franchement, on n'a pas osé.
Difficile de dire s'ils sont plus grands qu'ailleurs, plus grands par exemple que ceux d'Etosha en Namibie mais, ce qu'on a pu constater c'est qu'ils avaient des défenses impressionnantes.

Outre les éléphants, durant notre matinée passée dans le parc, nous avons croisés plusieurs troupeaux de buffles mais peu d'autres espèces d'animaux.


Sodwana Bay - Isimangaliso Wetland Park


L'après-midi, nous reprenons la route et rejoignons, à Sodwana Bay, la côte océanique et le parc Isimangaliso Wetland Park (non incl. Wild Card). Ce parc, classé patrimoine mondial par l'Unesco, comprend le lac Santa Lucia et son estuaire ainsi que plusieurs dizaines de kilomètres de côtes le long de l'Océan Indien.
Si nous voulons être près de la mer, nous devons loger dans le camping du parc; il n'y a pas d'autre endroit. Contrairement au Mozambique, dans ce camping, nous n'avons ni les pieds dans l'eau, ni même la vue mer. La protection de la nature est contraignante mais nous l'acceptons volontiers (surtout que l'on a finalement trouvé un accès direct à la plage depuis le restaurant du camp) car sans cela, la côte serait surement envahie de lodges et villages de vacances comme c'est le cas chez nous. Ici, la nature est préservée et les gigantesques dunes intactes. Nous partageons la plage avec seulement 2 pêcheurs.


Bush Baby - Hluhluwe

Dans cette région, on peut, un jour se faire bronzer sur une plage déserte et le lendemain faire un safari. Un jour à Tembe, l'autre à Sodwana Bay, puis un autre dans le parc Hluhluwe-iMfolozi (où nous croisons quantité de rhinocéros mais aussi 3 lions et leurs lionceaux et de grands troupeaux de buffles). Un jour dans la station balnéaire de Santa Lucia ou sur la plage de Cap Vidal et le lendemain le long des chemins des Western Shores de Isimangaliso entourés d'animaux. C'est un petit paradis.


Hluhluwe - iMfolozi 

Séance photos - Santa Lucia

Cap Vidal - Isimangaliso Wetland Park


Nous restons basés à Santa Lucia 4 jours. Notre camping, proche de la mer, se trouve à 2.5 km du centre du village. Un soir, nous décidons d'aller y dîner. Il fait encore jour quand nous partons mais il fait nuit quand nous rentrons. Alors que nous nous engageons sur la route, un automobiliste nous informe que des hippos s'y trouvent. Pas question de s'y risquer, ils sont bien trop dangereux. Nous contournons le village en pensant pouvoir remonter ensuite la plage mais nous nous apercevons que le danger est partout. A tout moment, nous pouvons nous retrouver face à un animal dangereux. Heureusement, des Sud-Africains nous embarquent dans leur pick-up et nous raccompagnent à notre camping. Pour une fois qu'on voulait faire un peu d'activité physique...


Au camping de Santa Lucia, nous faisons la connaissance d'une famille française, Thierry, Claire et leur jeune fils Mathis, qui habitent et travaillent à Pretoria depuis plusieurs années. Ils ont pris quelques jours de vacances pour accompagner, 2 amies venues de France. C'est l'occasion d'avoir un point de vue de personnes qui vivent en Afrique du Sud depuis assez longtemps mais qui n'appartiennent à aucune des communautés sud-africaines et qui ont, par conséquent, une vision plus neutre de ce pays. Pour eux, la criminalité, souvent violente et meurtrière, n'est pas à prendre à la légère même si, en dehors des grands centres urbains, il n'y a beaucoup moins de préoccupation à avoir. Comme partout dans le monde, la violence et l'insécurité sont des conséquences de la misère et la misère, en Afrique du Sud, représente 60% de la population.

Chasse aux singes au lance-pierre - Richards Bay


Déjà 16'000 km parcourus depuis notre arrivée en Afrique; il est temps d'aller faire faire l'entretien du véhicule chez Isuzu. Nous nous rendons, pour cela, dans le garage Isuzu de Richards Bay, une ville située en bord de mer, à un peu moins de 100 km au sud de Santa Lucia. A notre arrivée, nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin 7h00 puis nous nous installons au caravan park de la ville sans même visiter la ville.  
Le service du véhicule dure la demi-journée. L'équipe est très pro et rien d'anormal n'est détecté.


Depuis hier soir, il pleut. La pluie dure 3 jours et nous empêche de profiter des belles plages de Tugela Mouth et Ballito où nous restons enfermés dans notre habitation. C'est, lorsqu'il fait mauvais, que l'on apprécie encore plus de voyager à bord d'un camping-car et non pas avec un véhicule léger équipé d'une toile de tente comme nous l'avions envisagé lorsque nous préparions le voyage.

De Richards Bay à Durban, la 3ème plus grande ville du pays, ce ne sont qu'une succession de stations balnéaires. Quelquefois familiales et décontractées comme à Tugela Mouth mais plus souvent défigurées par des hôtels et résidences luxueuses construites les unes sur les autres comme à Ballito.

Durban


Durban n'est pas une ville vantée par les guides touristiques mais nous souhaitions y faire un tour et juger par nous-même. Cependant, la réalité correspond assez bien à ce qu'on nous en avait décrit. Bien que située en bord de mer et possédant une belle promenade le long de l'océan, la ville est laide et misérable. Lorsqu'on quitte des yeux l'océan et ses surfeurs, c'est pour apercevoir une rangée d'immeubles moches et délabrés et presque toute la ville est ainsi. Arrivés à Nelspruit, nous nous demandions si tout le pays était à l'image de la ville... évidemment non. Mais là, c'est carrément l'opposé. On y ressent une grande pauvreté; il y a de nombreux clochards et cette fois, pas de discrimination, ce sont des noirs et des blancs.

Statue de Nelson Mandela, Musée "The Capture Site" - Howick

Avant midi, nous quittons la ville. Nous prenons la direction des montagnes du Drakensberg au nord de Durban. En route, nous faisons halte au Capture Site Museum situé près d'Howick où, le 5 août 1962, Nelson Mandela a été arrêté. Le musée, situé dans un petit bâtiment en attendant l'ouverture d'un musée plus conséquent, retrace la vie de Nelson Mandela et son combat politique. Si son emprisonnement pendant 27 ans peut mettre en colère, ses paroles sont apaisantes. L'Afrique du Sud a eu de la chance d'avoir Nelson Mandela comme premier président après l'apartheid.  

Bivouac à Howick

Howick Falls

Après la visite du musée, nous faisons quelques courses à Howick. La petite ville est charmante. Ses jolies maisons en brique, ses coffee shops et ses magasins d'antiquités ont un petit air british tout comme ses habitants qui sont très "friendly". Les maisons ne sont pas sécurisées à outrance comme ailleurs et cela nous encourage à bivouaquer, pour la nuit, dans un parc. Mais, même si l'insécurité n'a pas l'air d'être un problème ici, un couple habitant près du parc nous conseille de nous garer devant chez eux. Comme nous sommes en fin de semaine, Il craigne que nous soyons importunés par des gens ivres. L'alcool est aussi une source d'insécurité et ce dans tous les pays. En Afrique du Sud, il nous arrive de croiser des personnes conduisant avec une bière à la main ...

"La Petite France", fromagerie - Howick 

Le lendemain, en allant voir les chutes d'eau d'Howick, un panneau nous indique "La Petite France, cheese farm". Quelqu'un fabriquerait donc du fromage français dans les environs ? Nous suivons le panneau et parvenons à une ferme où effectivement on fabrique brie, camembert, fromage bleu, double crème, etc... Le fromager n'est pas français mais le savoir-faire vient bien de chez nous et les fromages sont bons. Après plusieurs mois de gouda caoutchouc, le bleu nous régale.

Situé à plus de 1000 m d'altitude, Howick annonce le Drakensberg, un massif montagneux culminant à 3482 m et formant une frontière entre l'état du Kwazulu Natal et le Lesotho, pays indépendant au cœur de l'Afrique du Sud que nous traverserons dans quelques jours.

En route vers le massif du Drakensberg


Le Drakensberg est le paradis des marcheurs. Classé au Patrimoine Mondial, il offre, du sud au nord, plusieurs accès d'où l'on peut partir randonner et où l'on peut bivouaquer. Durant une semaine, nous dirigeant vers le nord, nous partons randonner dans le Highmoor Nature Reserve puis à Giant's Castle et Injisuthi et enfin, nous suivons le Sentinel Hiking Trail dans les parcs nationaux Royal Natal et Sentinel.

Highmoor (Incl Wild Card) nous offre notre plus beau bivouac en Afrique du Sud. A 2000 m d’altitude, notre campement domine la vallée. Peu de monde fréquente cet endroit ; seulement 2 pêcheurs ont planté leur tente à côté de nous. Nous ne croisons qu’eux lorsque nous partons nous balader. Les randonnées que propose le parc ne sont pas très difficiles. Elles nous permettent de nous mettre en jambe. La plupart mènent à des grottes comme Aasvoelkrans ou Caracal Caves. Les chemins sont bien balisés sauf celui qui mène à Foulton’s Rock qui semble abandonné et que nous ne trouvons pas.  

Village du Drakensberg et écoliers

Giant’s Castle (Incl Wild Card) ne dispose pas de terrain de camping, nous ne pouvons donc qu’y passer la journée. Comme nous y arrivons très tôt, nous avons cependant le temps de visiter Main Cave et de faire une longue randonnée après. Main Cave est une grotte où figurent des peintures San, un peuple de chasseur-cueilleur ayant vécu dans le Drakensberg il y a 6000 ans. Au XVIIIème puis au XIXème siècle, les San ont successivement été chassés par les éleveurs africains venant du nord et par les Européens. Les San ont migré vers le désert du Kalahari au Botswana et vers le nord de la Namibie. Si vous vous souvenez du film « Les Dieux sont tombés sur la tête », c’était eux qui recevaient la bouteille de Coca-Cola sur la tête. La visite commentée de la grotte, bien que brève, est intéressante et les peintures représentant des animaux, des chamans en transe ou les San eux-mêmes le sont aussi. La balade que nous faisons ensuite en direction de Banneman Hut est plus longue et plus difficile que celles des jours précédents à Highmoor. Elle est aussi plus belle mais, cela aurait pu mal se passer car l’orage grondait un peu partout autour de nous et bien que nous ayons couru pendant 5 kilomètres environ pour arriver avant la pluie, nous n’avons pu éviter quelques gouttes. Nous nous en sortons bien car, à plus de 2200 m d’altitude, les orages peuvent être dangereux pour les randonneurs. Au total, aujourd’hui, nous aurons randonné 22 km environ pendant 5 heures et fait près de 1000 m de dénivelé. Les jambes commencent à devenir dures.
Le soir, ne pouvant dormir dans le parc, nous bivouaquons à l’entrée du premier village se trouvant sur notre route. Malheureusement, nous sommes un peu trop visibles pour ne pas inquiéter quelqu’un. A 1h du matin, des policiers viennent nous réveiller pour nous demander de nous déplacer jusqu’au parking gardé de l’hôpital du village. On ne peut qu’obéir. Notre arrivée, en pleine nuit, fait bien rire le sympathique gardien qui nous accueille.

Massif du Drakensberg


A Injisuthi (Incl Wild Card), nous retrouvons un camping ; personne ne nous dérangera cette fois-ci. Malgré nos courbatures, nous choisissons de faire une randonnée assez longue et dont le dénivelé dépasse les 1000 mètres une fois encore. Nous montons à 2326 m d’altitude sur le chemin de Cataract Valley, Contour Path et Grindstone Caves. Les paysages sont splendides. Le Drakensberg, c’est un peu le massif alpin avec la couleur en plus; tout est vert et fleuri. Comme la veille, c’est une de nos plus belles randonnées dans le Drakensberg.

Randonnées dans le Drakensberg
Highmoor Nature Reserve - Giant's Castle - Injisuthi - Sentinel et Royal Natal

Pour notre dernière randonnée dans le massif du Drakensberg, nous avions envie d’aller jusqu’au Tugela Falls. Lorsque nous étions en voyage autour du monde, nous avions regardé la série de films AfricaTrek relatant la traversée de l’Afrique à pied par Alexandre et Sonia Poussin. En préparant notre voyage en Afrique, Jean s’était souvenu d’une séquence où Alexandre et Sonia descendait du Lesotho par le Drakensberg et par les Tugela Falls plongeant dans un précipice époustouflant. Nous n’avions malheureusement pas beaucoup d’informations sur ce chemin menant aux Tugela Falls. Partait-il des parcs nationaux Royal Natal dans le Kwazulu Natal (Incl Wild Card)  ou dans le Sentinel (Non incl Wild Card) situé dans le Free State ? Nous décidons de contourner le Royal Natal et de rejoindre le parc national Sentinel afin de prendre des informations sur place. Arrivés au Witsieshoek Mountain Resort (2200 m), qui semble gérer le Sentinel park ainsi que ses logements, le personnel de l’établissement nous fournit les renseignements nécessaires sur cette randonnée, le Sentinel Hiking Trail. Ne disposant pas de camping, il nous propose même de nous installer gracieusement sur un terrain attenant à l’hôtel possèdant une vue exceptionnelle sur la chaîne du Drakensberg. Il y a 2 façons de rejoindre le départ de la randonnée. Soit y aller avec son propre véhicule, soit prendre une navette. Le départ du sentier se trouve à 7 km du resort par une piste caillouteuse que nous ne voulons pas faire avec notre camping-car ; nous réservons donc la navette. Mais, le lendemain matin, nous sommes levés tôt, le temps s’annonce magnifique pour la journée et nous décidons de partir à pied ; on ajoute 14 km à notre parcours et 4 à 500 m de dénivelé positif. A la vue du chemin, nous ne regrettons pas de ne pas avoir pris notre véhicule ; il y a 2 ou 3 passages très cassants. Après 1h ½ de marche, nous atteignons le parking du Sentinel. Suit ensuite une côte qui nous emmène au pied du Mont Sentinel que nous escaladons à l’aide d’échelles métalliques ; ce n’est pas compliqué mais un peu dangereux. Nous sommes alors tout près des Tugela Falls, les plus grandes chutes d’Afrique (947 m) et les 2èmes au monde que nous atteignons en traversant une prairie à 3030 m d’altitude. La cascade n’est malheureusement qu’un filet d’eau mais la gorge est telle que l’on se l’était imaginée, grandiose. Jean, qui a encore du jus s’offre un petit bonus en montant en haut du Mont Aux Sources à 3282 m d’altitude. Il est alors à la frontière avec le Lesotho. Après 8h30 de randonnée, nous sommes de retour au resort. C’est, sans aucun doute, la plus sportive des randonnées que nous ayons faites dans le Drakensberg.

Troupeau de zèbres dans Golden Gate Highlands national park



C'est en voiture, cette fois, que nous traversons le Golden Gate Highlands national park. Après 5 belles journées à randonner, nous aspirons à un peu de repos.
La route qui traverse le parc Golden Gate mène directement à Clarens, ville cosy se donnant un air bohème mais en réalité une ville très artificielle et commerciale. Nous ne faisons qu'y passer et terminons la journée dans un camping à la ferme de la Shumba Valley, à Fouriesburg.


Le lendemain, changement de décor; A Ficksburg, à 5 km de la frontière avec le Lesotho, nous terminons cette première étape en Afrique du Sud. Ce week-end se déroule, à Ficksburg, le Cherry Jazz Festival, ce qui explique que la ville est très animée (même s'il n'est pas nécessaire qu'il y ait une fête pour que les villes africaines soient bruyantes le week-end ! ). Pourquoi Cherry (cerise) ? Parce que Ficksburg est la capitale de la cerise et en novembre, c'est à dire maintenant, c'est la pleine période pour les manger. Miam, miam ! Nous faisons le plein de provisions (et pas que de cerises) car nous craignons de ne pas pouvoir le faire aussi facilement au Lesotho ces prochains jours.


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